Ils voteront tous, les conseillers régionaux, vendredi en séance publique le financement du projet ; certains en y mettant des conditions. Le sujet intéresse beaucoup les élus et les habitants du Poitou-Charentes. La construction de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique va, vendredi, vampiriser le débat public. Olivier Chartier, porte-parole de l'intergroupe d'opposition, souligne la « volte-face » de Ségolène Royal qui, rappelle-t-il, en 2009, « donnait son accord pour le financement ». Sa proposition de faire voter l'enveloppe de 95 M€ (*) en posant des conditions à l'État suscite chez le porte-parole une vive inquiétude : « Elle rend impossible, dit-il, la signature de la convention à court terme. » L'élude droite pousse l'analyse jusqu'à imaginer « la remise en cause de l'existence même du projet » et au mieux « défaire toutes les négociations des autres collectivités engagées depuis deux ans avec l'État qui assurait la protection des habitants (mesures antibruit) ».
Olivier Chartier relève le discours « contradictoire » de la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes en expliquant qu'elle fait voter une délibération sur l'emploi des jeunes en ouvrant « 1.500 places de formation professionnelle pour répondre aux besoins de main-d'oeuvre du grand chantier de la SEA et dans le même temps pose des conditions irréalistes à L'État pour voter le financement du projet. C'est incohérent. »
'' Nous tendons la main à l'État ''
Pas du tout pour Jean-François Macaire : « Nous posons ces conditions qui ne sont pas irréalistes. Elles ne concernent que le domaine ferroviaire avec la signalisation du réseau, le report du cadencement, l'axe Poitiers - La Rochelle par exemple. » Le premier vice-président du conseil régional rappelle que, depuis la loi de finance 2010 qui a « supprimé l'autonomie fiscale » des Régions mais « laissé les mêmes compétences, il paraît logique que nous militions pour un système d'avance remboursable ». Et, précise-t-il, « cet argent a été voté en 2007 sous forme d'autorisation de programme. Nous tendons, à travers cette proposition, la perche à l'État. »
(*) L'enveloppe est de 103 M€ mais la région a déjà payé les études.