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Ils seront fin prêts pour la LGV

TGV_762.jpgLe Greta a mis en place une formation de conducteurs d'engins de travaux publics, en prévision des futurs travaux de la LGV, en partenariat avec le cimentier Lafarge.

La construction de la Ligne à grande vitesse (LGV) sera, cela a été dit et répété, pourvoyeuse d'emplois. La Charente en sera particulièrement bénéficiaire, tant en termes de constructions d'ouvrages que de terrassements à réaliser.

C'est dans cette perspective que le Greta de Charente a mis en route une formation à la conduite d'engins de travaux publics : pelle hydraulique, chargeuse-pelleteuse (tracto-pelle) et tombereau articulé. Une formation qui se déroule sur seize semaines dont trois en entreprise. Ouverte aux demandeurs d'emploi, financée par le Conseil régional, elle débouche sur un titre professionnel de conducteur d'engins, délivré par le ministère du Travail.

Une première promotion de neuf personnes est à pied d'œuvre depuis le mois de février, la session s'achèvera en juin. Une seconde est programmée de septembre à janvier 2012. D'autres sont espérées par la suite.

Mais la formation de conducteurs n'est pas la seule. Celle de constructeur VRD (voirie et réseaux divers) est également proposée. Celle de maçon coffreur-brancheur vient de démarrer. Le tout se déroule en partenariat avec les ciments Lafarge à La Couronne qui met à disposition, dans l'enceinte de la carrière, un espace d'environ un hectare sur lequel les stagiaires peuvent s'exercer dans des conditions réelles et prendre conscience des règles indispensables à respecter pour leur sécurité et celle des autres.

« Véritable opportunité »

« Nous avons des stagiaires qui viennent vraiment d'horizons différents », indiquent Jean-Marie Matthieu et Ludovic Bonnin, les deux formateurs VRD et conduite d'engins. Certains ont déjà évolué dans le milieu du BTP, pour d'autres, il s'agit d'une reconversion. Tous, cependant, sont convaincus de l'opportunité du chantier de la LGV pour revenir dans le monde du travail.

« C'est clair que c'est une porte ouverte vers les entreprises. De toute façon, il y a toujours des possibilités de travailler dans les travaux publics », expriment Laëtitia Constant et Christopher Jaulin. Elle est venue de Limoges pour participer au stage de constructeur VRD, « mais je veux aussi passer la qualification pour être conducteur d'engins, afin d'être le plus polyvalente possible », dit-elle.

Lui est originaire de l'île d'Oléron. Pour Christopher , c'est effectivement une reconversion. « Au départ, je suis paysagiste. Mais le métier s'est énormément développé. Ce n'est pas la peine de vouloir monter son entreprise, il y a trop de concurrence. » D'où ce virage professionnel, « j'ai toujours eu envie de conduire ces engins », sourit-il.

Laëtitia n'est, en revanche, pas une novice dans ces métiers très masculin. « J'ai travaillé chez Colas à Limoges, mais ils ont profité du fait que j'étais enceinte pour ne pas renouveler mon contrat », regrette-t-elle. Depuis, elle travaille en interim, « cela offre plus de liberté ». Ce qui n'empêche la jeune femme de devoir toujours plus prouver que les autres. Elle qui s'est dirigée vers les TP, « alors que mon père me destinait à une formation de vendeuse ».

Motivée face au machisme et à la bêtise. « Il faut toujours mettre la barre plus haut que les hommes. Surtout vis-à-vis des jeunes collègues. Les responsables ou plus âgés sont plus indifférents à cela. Certains m'ont déjà dit que ma place était plus en cuisine », lâche Laëtitia. Un peu juste, cependant, pour réfréner sa volonté. Elle a raison. Pouvoir participer à la construction de la Ligne à grande vitesse, c'est autrement plus intéressant.

Le Sud Ouest du 240511
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