Les discussions avec Coséa, le constructeur de la ligne, sont âpres. Exemple à Saint-Branchs, où Loïc Gallais a une partie de ses terres sur l'emprise. Cela fait environ une dizaine d'années déjà que Loïc Gallais sait que la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux va empiéter sur une partie des terres qu'il cultive en Gaec autour de Saint-Branchs. « Une emprise qui a augmenté de 30 % par rapport au début », souligne-t-il.
Dans trois ans, ces terres, qu'il loue et qui représentent onze hectares, sur les 180 au total qu'il cultive, avec un salarié et deux associés, auront été investies par les engins de chantier de Coséa, la société de Vinci chargée des travaux.
Ses bâtiments ne sont pas touchés par les expropriations et les rails passeront assez loin pour ne pas trop le gêner. Mais les soucis ne manquent pas, toutefois, pour essayer de bien s'en sortir au final.
Des semaines de négociations
« J'ai déjà passé des semaines avec tous les interlocuteurs entre les réunions et les discussions. Des journées entières pour les échanges de terre. J'ai la juriste de l'UDSEA au moins une fois par semaine au téléphone. Elle a fait un travail formidable pour nous aider », dit Loïc Gallais, devant la pile de documents concernant les expropriations.
Ses soucis, comme pour nombre de ses collègues, sont surtout, géographiques. « Il a fallu se battre pour obtenir satisfaction. Si j'étais propriétaire et à quelques années de la retraite, je n'aurais pas de questions à me poser, mais j'ai encore vingt-cinq ans à faire », dit-il.
Le passage du tracé dans les terres qu'il cultive va impliquer un nouveau dessin.
« Le but est de récupérer les terrains que je perds. Mais ils n'auront plus les formes rectangulaires actuelles. Ça va demander beaucoup plus de travail et moins de rendement car il y a beaucoup d'angles », explique l'agriculteur. « J'ai signé une convention avec le négociateur foncier pour récupérer des indemnités annuelles sur les onze hectares pour une durée de trois ans pour ne pas perdre d'argent », poursuit-il. Autre souci : quel sort va être réservé au drainage ? « Tous les terrains étaient drainés. Comment ça va être rétabli », s'inquiète-t-il. Encore des discussions en perspective et des problèmes que connaissent également beaucoup de ses collègues.
'' Coséa respecte le protocole ''
Responsable du chantier LGV à l'UDSA (Union départementale des salariés et exploitants agricoles), Dominique Malagu suit jour après jour les avancées sur les expropriations.
« On est vraiment en pleine procédure. Dans l'ensemble, ça se passe bien. Les gens sont plutôt satisfaits. Bien sûr, il y aura des agriculteurs qui ne seront pas contents, c'est vrai que ce sont des ventes et des déplacements forcés, mais Coséa respecte le protocole », explique l'agriculteur de Pussigny.
Il y a six mois, celui-ci regrettait l'absence de contacts avec Coséa et accusait celle-ci de jouer la montre. Depuis, les choses semblent donc avoir pris bonne tournure.
« Il faut quand même que les gens soient vigilants et surveillent leurs dossiers », ajoute néanmoins Dominique Malagu.
Fouilles : on a trouvé des choses
Concernant les fouilles sur le tracé de la ligne, le responsable sait que l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) a trouvé des choses.
« Mais il n'y a pas de communication pour le moment sur le sujet, surtout par crainte des pillages. Les terrains seront réinvestis au printemps quand il y aura plus de surfaces disponibles », dit-il.
La Nouvelle République