Jean-Luc Moudenc : « Rétablir la vérité sur les élections internes à l’UMP 31 »
Les élections internes à l’UMP 31 ont récemment vu accéder à sa présidence l’ancien maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc. Les résultats de ce vote ont été violemment contestés par l’ancienne présidente, Christine de Veyrac. Retour avec Jean-Luc Moudenc sur les soubresauts qui ont agité ce scrutin.
Le Petit Journal : Le reproche le plus grave, formulé à demi-mot par Christine de Veyrac, est que vous auriez bénéficié d’informations piratées sur l’ordinateur de celle-ci. Qu’en est-il ?
Jean-Luc Moudenc : Le piratage de l’ordinateur d’un tiers est un acte tout à fait condamnable. Nous faisons confiance à l’enquête de police en cours et au travail de la justice. A ce jour, se trouve en cause un jeune militant à qui la présidente de l’époque avait confié d’importantes responsabilités, d’ailleurs maintenues jusqu’au bout, en raison de sa proximité politique avec elle. Ma première décision, une fois élu président, a été de demander au siège national, et d’obtenir, que ces responsabilités soient retirées à cette personne. Les faits répréhensibles sont antérieurs à la campagne des élections internes et dénués de lien avec elle. Aucune information issue de ce piratage n’a servi aux candidats alternatifs à la direction sortante. La critique consistant à dire que des informations « stratégiques » auraient été connues par ce biais n’a pas de sens. Vouloir instiller le doute et insinuer plus ou moins ouvertement que les vainqueurs du scrutin interne en seraient les auteurs est un mensonge éhonté, une manipulation qui consiste à utiliser à des fins de nuisance politique un fait de délinquance individuel et isolé.
Le Petit Journal : Votre challenger, Christine de Veyrac, prétend que des faux électeurs ont voté à l’occasion des élections internes à l’UMP 31. Est-ce exact ?
Jean-Luc Moudenc : Un « faux électeur », c’est une personne qui n’existe pas, qui vote déjà ailleurs ou qui est décédée. Ce n’est manifestement pas le cas ici. Le fichier départemental a été en effet passé au peigne fin en amont par les services du siège national pour vider en aval tout risque de contestation sérieuse. En l’occurrence, seuls les adhérents à jour de cotisation ont pu voter. Ils existent tous physiquement et ont bien payé par chèque bancaire ou par carte bleue !
Cette grave accusation procède d’un vieux procédé de désinformation : l’amalgame. Amalgame entre « faux électeur » et électeur ayant choisi de s’inscrire à une adresse distincte de son domicile privé.
Le Petit Journal : La domiciliation de certains adhérents a été effectivement contestée…
Jean-Luc Moudenc : Certains adhérents ont souhaité adhérer, il est vrai, dans une circonscription différente de leur domicile privé pour pouvoir soutenir la candidature de telle ou telle personnalité. Cette pratique, consistant à dissocier la localisation de son engagement politique de celle de son adresse personnelle, est classique dans la vie politique. Elle vaut en particulier pour certains élus importants. Certains adhérents choisissent en effet de s’investir dans le quartier où ils travaillent, d’autres dans le quartier où ils ont grandis et sont connus, d’autres enfin dans un quartier où est présent un élu qu’ils souhaitent soutenir. L’essentiel est, bien sûr, de n’adhérer qu’à un seul endroit pour ne voter qu’une fois.
Les adhérents en question ont agi dans une totale transparence, adressant à Paris leur bulletin d’adhésion mentionnant l’adresse de leur choix ainsi que leur chèque comportant l’adresse de leur domicile privé. Le siège national a librement choisi l’adresse à laquelle enregistrer ce type d’adhésions. Ces dernières étaient au demeurant trop faibles en nombre (une centaine sur 5 500 adhérents) pour influencer les résultats du scrutin.
Le Petit Journal : Le dépouillement du scrutin a t-il été transparent ?
Jean-Luc Moudenc : Si la méthode électronique a été retenue, c’est précisément pour éviter qu’une des deux listes ne puisse s’accaparer le contrôle des opérations et donc pour empêcher toute fraude. Cette méthode a été plébiscitée par les adhérents, qui ont été deux fois plus nombreux à se rendre aux urnes que lors du vote interne de novembre 2008 : 64% au lieu de 32% ! Ce qui renforce la légitimité de la majorité sortie des urnes le 5 décembre au soir. La Secrétaire départementale d’alors a été conviée à assister à Paris à tout le déroulé du dépouillement au siège national, rue La Boétie. Tout s’est effectué sous contrôle d’huissier, en présence de responsables de l’UMP nationale et de représentants de la présidente sortante, dont son collaborateur. Tous les présents ont vu les chiffres s’afficher sur les ordinateurs. Nul ne les a contestés. La secrétaire départementale sortante n’a formulé aucune réserve, comme il est d’usage, sur le procès-verbal des résultats. Reconnaissant la défaite de ses amis, elle a même annoncé sur le champ sa décision de démissionner. Ce n’est que quelques jours après que, revenue à Toulouse, elle a changé bizarrement d’attitude et affirmé dans un communiqué ne pas avoir bien pu voir les résultats ! Quelques jours après le vote, comme dans tout scrutin démocratique, les résultats ont été validés par la Commission nationale chargée des opérations électorales, puis publiés officiellement sur le site internet du parti, où ils figurent encore.
Le Petit Journal : Peut-on imaginer que l’on revote ?
Jean-Luc Moudenc : Des proches de la présidente sortante ont formé des recours contre certains résultats des élections.
Ils ont été examinés par la Commission des recours, organe distinct de la Commission chargé de superviser l’organisation des élections. La plupart ont été rejetés et seule l’attribution de 2 sièges (sur 215 membres du comité départemental) a été revue, ce qui n’a rien changé au résultat global. Seule a été mise en cause l’utilisation, ici et là, par les uns et les autres, d’éléments du fichier des adhérents pour des envois de mails. Aucune « fraude », ni aucune « tricherie » n’a été décelée. Toute polémique est donc infondée.