Le président de la CCI de La Rochelle défend son projet de développement de l'aéroport et son attachement à une liaison TGV plus rapide. Selon lui, ce sont des outils indispensables pour l'essor des agglomérations de La Rochelle et Rochefort.
Dans moins d'un mois, le 28 mars, La Rochelle aura une nouvelle ligne aérienne. Vers Porto, et de nouveaux enjeux, martèle le président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI). À l'heure où certaines collectivités (en Charente ou ailleurs) remettent en cause les aides aux compagnies low-cost, Robert Butel, lui, met les gaz.
« Pour un million de subventions, on a 30 millions d'euros de retombées directes (sans prendre en compte les achats de maisons). 35 % des touristes qui utilisent ces vols restent sur l'agglomération de La Rochelle et viennent de loin : Norvège, Irlande, Écosse. Sans l'avion, ils ne viendraient pas pour des séjours courts », énumère-t-il très volontiers.
Une bonne raison pour défendre, et surtout développer, « le seul aéroport du département », insiste le président de la CCI, attentif au projet du Conseil général de Charente-Maritime de créer une nouvelle piste à Saint-Agnant.
300 000 passagers par an
« On ne peut pas attendre sans rien faire ! Dominique Bussereau parle de 2020, au moins. Si on ne maintient pas nos lignes, si on n'en ouvre pas de nouvelles, elles iront ailleurs. On n'aura alors rien à transférer au moment de l'ouverture de cet aéroport. » S'il voit le jour… En attendant, Robert Butel veut investir sur le terrain existant. « 3 millions d'euros », chiffre cet expert comptable. Pour aménager, agrandir, parkings et salle d'arrivée. Des investissements nécessaires pour aller à l'objectif fixé à 300 000 passagers par an, contre 195 000 l'an passé et 220 000 espérés cette année.
« Et ça passe par des nouvelles lignes, souligne encore ce défenseur de l'aérien. Porto, dès cette année, va nous amener des touristes mais va permettre surtout à bon nombre de Portugais de rentrer chez eux. Sans compter que Porto est un ''hub'' intéressant vers l'Amérique du Nord. Ce n'est pas plus bête d'aller vers Porto que vers Paris ! »
Une nouvelle destination européenne qui en appelle d'autres. La CCI est en contact actuellement avec différentes compagnies. « On doit privilégier l'essor vers l'Europe du nord, des clients qui ont de l'argent et qui viennent en dehors de la saison. Les Norvégiens dépensent en moyenne 750 euros par semaine et par personne, enfant compris », affirme Robert Butel, espérant des vols vers Düsseldorf ou Francfort, Genève, et même vers certains pays de l'Est. Voire un vol vers Paris, mais Roissy seulement et à la condition d'avoir « un accord de pré-acheminement avec Air France ». Et celui-ci d'enfoncer le clou : « Développer le trafic ne peut qu'amener de l'argent en Charente-Maritime. »
Paris-La Rochelle en 1 h 59
Un essor de l'aérien qui ne fait pas oublier le train. Et là encore, le boss de la CCI en appelle aux élus locaux. « La communauté d'agglomération de La Rochelle (CdA) et le Département doivent absolument se battre pour un TGV Paris-La Rochelle en 1 h 59 ! »
Le calcul du chef d'entreprise est simple : avec Bordeaux et Nantes à deux heures de Paris, « La Rochelle ne sera plus concurrentielle économiquement ». Le président de la CCI a même une solution : « Proposons des directs, supprimons les arrêts à Surgères, Chatellerault, Saint-Maixent, etc. »
Un enjeu primordial à ses yeux, « c'est psychologique » aussi quand les personnes cherchent des destinations, « pour s'implanter mais aussi pour les congrès, tout simplement », argumente le représentant du monde économique, qui a une idée de négociations pour Maxime Bono. Le maire de La Rochelle et président de la CdA a fait valider jeudi dernier une contribution de 8 millions d'euros, pour l'instant (12 à terme, sûrement) pour participer au financement de la LGV Paris-Bordeaux. « Si l'agglomération et la Ville achètent les terrains à côté de la gare (pour le projet d'aménagement, ndlr) il y a sûrement à se faire entendre. On ne fait pas un chèque de 12 millions d'euros sans avoir quelques éléments en échange », sourit Robert Butel, espérant aussi qu'un ancien Ministre des transports, Dominique Bussereau, ne puisse pas ne pas intervenir…
Le Sud Ouest du 030311