La LGV « Sud Europe Atlantique », un des axes prioritaires de l'Union européenne, soulève de ce côté-ci des Pyrénées l'opposition des intercommunalités de la Côte basque.
Au sud de Bordeaux, la LGV « Sud Europe Atlantique » se partage en deux branches : l'une vers Toulouse, qui serait atteinte en 2020 ; l'autre à travers les Landes vers l'Espagne. RFF tenait ce dernier projet pour réalisé à la même date, mais le refus des intercommunalités de la Côte basque comme des écologistes lui complique la tâche.
Les opposants au tronçon entre l'Adour et la frontière jugent que l'adaptation des voies existantes pourrait suffire au trafic envisagé sans entailler une contrée semi-rurale aux paysages protégés. Après force expertises et contre-expertises, le préfet de la région Aquitaine, Patrick Stéfanini, a déclaré le 2 septembre dernier : « la construction de cette ligne sera subordonnée à la constatation que les lignes actuelles approchent de la saturation ». Il a lancé un « Observatoire du trafic » auquel la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, donne pour objectif un « constat partagé » entre les administrations, les élus, les associations.
Pour nombre d'acteurs économiques de la région, tel la CCI de Bayonne, cette décision apparaît comme lourde de conséquence sur le calendrier du projet. RFF envisageait la saturation à l'horizon 2020, dans la conjoncture actuelle la voilà pour 2030, selon le trafic constaté sur la ligne Bayonne-Hendaye.
Dès la fin août, les hypothèses de tracé entre l'Adour (Bayonne) et la frontière (Biriatou), ont été cependant révélées, soit 35,6 km et 2,2 km de raccordements, dont 13,5 km de souterrains et 8 km de viaducs, pour un coût moyen de 55 millions d'euros le kilomètre. La validation à l'échelon régional du tracé définitif est prévu en janvier 2012, puis au printemps celle du ministre des Transports et pour 2013 l'enquête d'utilité publique.
Cette LGV transfrontalière fait partie depuis le sommet européen d'Essen en 1994 des axes prioritaires de l'Union. Or outre-Pyrénées, le chantier du « Y basque » est déjà bien avancé qui, depuis Bilbao et Vitoria-Gasteiz, doit rejoindre la frontière en 2016-2017. L'Europe est prête à aider ce « Corridor Atlantique », surtout pour ses capacités fret, jusqu'à 40% des coûts envisagés si la livraison intervient avant 2030. « Le retard des travaux sur la section transfrontalière entre Bayonne et Saint-Sébastien pourrait fortement compromettre ce soutien financier », a prévenu Carlo Secchi, le coordinateur européen pour cette ligne. Etats et collectivités s'en inquiètent aussi fortement.
Les Echos