Le président de la CAA a rencontré Nathalie Kosciusko-Morizet pour lui présenter l'ensemble des projets du package « Agen Agglo Grenelle ». L'agglo agenaise, présidée par Jean Dionis du Séjour, ne manque pas de projets. Mais pour espérer pouvoir un jour les mener à bien, les élus ont besoin de trouver des financements et d' obtenir des garanties de l'État. Nombre de ceux qui sont inclus dans la feuille de route « Agen Agglo Grenelle » dépendent en partie du ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement. Mardi soir, Jean Dionis et son directeur général des services, Denis Solivéres, se sont donc entretenus avec Nathalie Kosciusko-Morizet pour évoquer le développement de la rive gauche de Garonne, le Parc fluvial Agen-Garonne et les transports en commun d'Agen Cœur Battant. Aucune réponse n'a été donnée par la ministre, mais la CAA estime avoir « pris les problèmes un par un pour accélérer les prises de décisions ».
1 Comment connecter les deux rives ?La gare TGV en rive gauche a, pour l'instant, la préférence du Comité de pilotage des Grands projets ferroviaires du Sud-Ouest (GPSO). « Mais une étude complémentaire de RFF est encore en cours », concède Jean Dionis, qui souhaite que « l'option de repli » que représente la gare en centre-ville soit vite écartée. La ministre pourra alors officialiser le choix du site. Si Sainte-Colombe-en-Bruilhois, où une ZA de 200 hectares doit voir le jour, est retenue, se posera alors la question de la connexion entre les deux rives. Et donc du pont de Camélat, censé enjamber Garonne pour prolonger la RN 21 au niveau du rond-point de Colayrac-Saint-Cirq. Le projet qui est dans les cartons de la CAA comprend aussi la création d'un nouvel échangeur autoroutier. Camélat, lui, serait partagé entre route et rails. Il bénéficierait donc du financement de GPSO que les élus aimeraient voir compléter par celui de l'État pour sa partie routière : « Pour la ligne LGV Tours-Bordeaux-Toulouse, la CAA versera environ 30 millions d'euros, dont neuf pour la partie Tours-Bordeaux », évoque Denis Solivéres. Une portion qui n'a pas de lien direct avec l'agglo. Pourquoi, alors, ne pas imaginer que le prolongement de la RN 21 vers « la gare interdépartementale, qui bénéficiera à un plus large public (jusqu'au Lot et à la Dordogne) que celui de l'Agglo », bénéficie d'un large soutien financier. Et le DGS de la CAA d'imaginer pour la « RN Sud 21 », et donc Camélat, un montage financier réunissant l'État, le Département, la CAA et la CCLB.
2 Intégrer Beauregard dans le parc fluvial
Autre ambition de la CAA : la création d'un « parc naturel urbain fluvial », projet vert s'appuyant sur les deux rives de Garonne, le lac Passeligne et celui de la propriété Pélissier. Mais, là aussi, il faut relier les deux rives. Les élus lorgnent donc sur le seuil de Beauregard qu'ils ont proposé, il y a plusieurs mois, de racheter à l'Etat pour le réhabiliter et lui donner une nouvelle fonction en l'agrémentant d'une passerelle piétonne. Comme son prédécesseur Jean-Louis Borloo, Nathalie Kosciusko-Morizet s'est montrée « très prudente et a émis plusieurs réserves sur le plan juridique », indique Jean Dionis du Séjour. L'affaire n'est pas dans le sac, mais la CAA se dit prête à prendre à sa charge tous les travaux.
Pour faire pencher la balance en sa faveur, la collectivité a remis à la ministre une contre-étude, réalisée par la Compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne, qui met en avant trois arguments en faveur du barrage (création d'une réserve d'eau potable pour l'Agglo, d'un dispositif qui permettrait de ralentir le courant dans un secteur aux berges fragiles et d'un « plan d'eau touristique magnifique ») et balaie la problématique de l'alose. « Cela fait 150 ans qu'elles remontaient, si le seuil posait problème, ça se saurait », coupe Jean Dionis. Et si, « juridiquement rien n'est fait », le parc fluvial urbain verra le jour, affirme le président de la CAA, qui ne « lâchera rien » dans le but d'obtenir un engagement politique sur la question du barrage.
3 Les sites propres d'Agen Cœur BattantL'opération Agen Cœur Battant est, dixit le maire d'Agen, « un projet 100 % Grenelle ». Et donc totalement adapté pour que l'Agglo puisse répondre au prochain appel d'offres que lancera l'État, en mai, pour soutenir les collectivités développant des voies en site propre pour les transports en commun. « Les lignes budgétaires sont intéressantes », conclut le maire. De quoi alléger le budget prévisionnel de l'opération.
Le Sud Ouest du 280111