Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Sanofi : le projet de réorganisation qui fait trembler Toulouse

sanofi-01.jpgUne semaine après l’annonce d’un éventuel plan de restructuration au sein du groupe Sanofi, beaucoup de questions se posent sur l’avenir de l’Oncopole, le centre de recherches sur le cancer, de Toulouse. Alors qu’un comité central d’entreprise se déroule ce jeudi 12 juillet à Chilly-Mazarin, l’intersyndicale appelle les 647 salariés du site toulousain, menacés de perdre leur emploi, à cesser le travail dès 9h30 pour protester. Ils ont cessé le travail ce jeudi 12 juillet : l’annonce d’une éventuelle restructuration de la branche française du géant pharmaceutique Sanofi n’en finit pas de susciter des remous au sein de la Ville rose. Ce projet pourrait se traduire par un désengagement des activités toulousaines de recherche, et donc la fermeture pure et simple du centre de l’Oncopole, ce qui a jeté le trouble parmi les 647 salariés du site. Voire l’incompréhension. Y compris parmi les élus locaux. Pour le maire Pierre Cohen, un tel projet est « inadmissible », tandis que Jean-Louis Chauzy, président du CESER Midi-Pyrénées, n’hésite pas à parler d’une « deuxième affaire Molex ».

Car l’Oncopole, présenté comme un modèle de collaboration privé-public, a pour ambition de devenir le leader européen voire mondial de la recherche contre le cancer, tiré par Sanofi et Pierre Fabre. Le retrait du géant pharmaceutique remettrait en cause tout le dynamisme du site.

D’autant que Sanofi affichait jusque là une volonté de développement de son site toulousain, situé route d’Espagne. Pas moins de 300 millions d’euros ont été investis dans ses laboratoires de recherche installés dans des locaux flambants neufs et dans la création de la chimiothèque centrale qui regroupe ni plus ni moins que le patrimoine moléculaire de Sanofi-Aventis. Soit au total quelque 2 millions de flacons stockés. Fin mars, le groupe avait même signé un accord de collaboration de recherche dans le domaine de l’oncologie avec l’Institut Claudius Rigaud.

Un projet aux contours imprécis, des salariés pessimistes

« Sanofi soutient l’Oncopole », assure de son côté la direction, qui précise que le groupe n’est pas « au stade du désengagement » mais dans « une réflexion avec tous les acteurs ». Néanmoins, ajoute-t-elle, la « vocation du site (de Toulouse, ndrl) reste à préciser et toutes les options sont possibles », sans toutefois préciser lesquelles. Courant septembre, elle annoncera son « projet » global de réorganisation et « l’ouverture de la phase de dialogue avec les partenaires sociaux ». De la poudre au yeux, pour une source proche du pôle de compétitivité Cancer Bio Santé qui confie : « Cela fait un an qu’on entend parler de ces rumeurs de fermeture. Ils est clair que cela nous pend au nez en septembre… »

Mêmes inquiétudes du côté des salariés. Pour Jacques Monteau, délégué syndical adjoint CGT, le désengagement du groupe signifie « fermeture ou cession ». « De toute façon, cela veut dire la même chose ». Soit, selon lui, la suppression des 647 postes toulousains alors que, rappelle-t-il, un emploi sur 10 est financé par le crédit impôt recherche versé par l’État s’élevant à 130 millions d’euros en 2011. « Pour moi, il n’y a pas de projet. Il n’y a rien dans les cartons. La direction nous laisse deux mois pour digérer l’information », ajoute-t-il. Pour protester contre ce projet, l’intersyndicale appelle les salariés ce jeudi à une journée de mobilisation devant le site alors qu’au même moment se tient un comité central d’entreprise concernant la R&D à Chilly-Mazarin.

Les élus locaux soutiennent les salariés

Dans les milieux politiques locaux, la mobilisation est aussi de mise. « Avec 8,8 milliards de bénéfices pour 35 milliards de chiffres d’affaires, le Ceser (Conseil économique, social et environnemental régional) considère que le groupe Sanofi a les moyens financiers et le devoir de respecter ses engagements, son organisation décentralisée a permis le succès économique et financier », rappelle Jean-Louis Chauzy. Si « cette décision est avérée, elle est inadmissible », s’indigne pour sa part Pierre Cohen, maire de Toulouse qui a rencontré mardi, en compagnie de Martin Malvy et du député Christophe Borgel, Chris Viehbacher, le directeur général de Sanofi monde et Christian Lajoux, président de Sanofi France, pour leur faire part de leur "inquiétude". « L’argument avancé stigmatisant l’environnement scientifique de Toulouse est inadmissible, au moment où l’Oncopole est en plein essor", a-t-il déclaré suite à cette rencontre, précisant qu’il resterait « très vigilant » concernant l’avenir du site et des emplois.

ToulEco

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article