Grégori International a tout pour réussir. Cette PME installée à Saint-Jory près de Toulouse a conquis le monde avec un savoir-faire unique: construire des terrains de sport et notamment de golf. L'entreprise réalise 100% de son chiffre d'affaires à l'export, emploie près de 200 personnes et réalise entre 10 et 13 M€. Mais cette belle histoire à succès risque bien de s'arrêter à cause de la Coface. Cet organisme public qui est censé épauler nos PME pour les aider à exporter ne veut plus soutenir Grégori International. L'agence spécialisée dans l'assurance-crédit à l'exportation refuse en effet de garantir les contrats que Grégori signent. «Dans nos métiers, nous devons apporter à nos clients des cautions de bonne exécution qui s'élèvent entre 5 et 10% du prix global du marché».
«Jusqu'à présent la Coface nous contre-garantissait mais le ministère de l'économie a décidé de nous couper toutes les garanties» s'étonne Xavier Grégori, le PDG de la société.
Raison invoquée par Bercy: la part de l'activité française de Grégori serait insuffisante et n'atteindrait pas 20% du chiffre d'affaires. «Pourtant nous avons prouvé que par notre siège à Toulouse, nos achats, la logistique à l'aéroport de Toulouse Blagnac ou à Eurocentre... la part française de notre activité atteint 35% !» s'indigne le dirigeant de la PME. Ainsi tous les ans, Grégori International recrute deux à quatre personnes très qualifiées à Saint-Jory et fait vivre l'économie locale. «Nous ne sommes pas une coquille vide !» lance Xavier Grégori.
Sans cette garantie, Grégori International risque bien de rater d'importants marchés en cours de négociation, notamment au Maroc. Aujourd'hui, cette PME qui n'a qu'un seul concurrent en France, dispose de quatorze mois de visibilité d'activité. Et le carnet de commandes pourrait se prolonger de douze mois supplémentaires avec un nouveau marché. «Mais sans cette garantie tout va tomber à l'eau. Et à terme c'est bien l'emploi à Toulouse qui sera menacé. Nous ne demandons pas de subventions!» précise-t-il. En effet, la garantie Coface n'est pas une faveur mais bien une assurance qui est facturée à l'entreprise. Grégori International n'est pas un cas isolé: une autre PME de travaux publics toulousaine qui travaille à l'export est aussi touchée.
Grégori International a besoin que la situation se débloque très vite, « sous quinze jours si possible » glisse Xavier Grégori qui vient d'écrire à Pierre Moscovici, ministre de l'Économie et Arnaud Montebourg en charge du Redressement productif pour attirer leur attention sur ce dysfonctionnement. Car le concurrent allemand de la Coface, Euler Hermès, lui,* accorde sa garantie mais pour seulement 2 M€ sur les 4 M€ nécessaires.
La Dépêche