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Sachons juger ce bilan de quatre ans à sa juste dimension

Ump logoLa politique d'aujourd'hui est ainsi faite que tout est rythmé par la loi de l'instant et l'ultra-médiatisation.
Ce phénomène engendre la superficialité dans les débats et contribue à effacer la mémoire.
Les enjeux de long terme, la perspective de l'action et du projet, le souvenir de ce qui a été fait, tout cela se trouve écrasé par cette dictature médiatique de l'instantané, alimentée tant par les comportements des acteurs politiques que par les exigences journalistiques.
Président actif par tempérament personnel et parce qu'il en a pris l'engagement auprès des Français, Nicolas SARKOZY est aujourd'hui victime de ce phénomène de société.
Ainsi, rappeler le bilan de ses quatre années à la tête de l'Etat est-il une opération salutaire, pas seulement pour la cause de la Majorité présidentielle et de sa figure de proue, mais aussi pour un meilleur fonctionnement de notre démocratie.
On pourra disserter à l'infini sur le caractère du Président de la République.
Son style, très inhabituel, est paradoxalement autant discuté, si ce n'est davantage, que ses choix politiques. Ce style est si tranché qu'il a pu autant soulever les plus grands enthousiasmes que susciter la plus ardente hostilité.
Mais, en vérité, l'essentiel n'est pas là.
L'essentiel, c'est la France et les Français.
L'exercice de bilan a l'immense avantage de mettre en avant les faits, les réformes, les actes.
Bref, tout ce qui nous éloigne de la fugacité des impressions d'un moment : ainsi privilégie-t-on le fond des problèmes.
Le premier élément à poser dans ce bilan de quatre ans est de dire que ce mandat présidentiel - désormais réduit à 5 ans - a été littéralement « plombé » par la crise.
Démarrée en 2008, d'abord financière puis économique et sociale, elle dure encore : elle aura donc déstabilisé les quatre cinquièmes du quinquennat !
Son origine n'est pas française, ni même européenne : faut-il le rappeler, la source de l'onde de choc mondiale a été la crise du crédit immobilier américain.
Dans les difficultés économiques et sociales que les Français connaissent aujourd'hui, en 2011, qui s'en souvient encore ?
Pourtant, nous n'avons connu ni la saisie de millions de logements comme aux Etats-Unis, ni le doublement du chômage jusqu'à atteindre 20% de la population active comme en Espagne, ni la baisse de 15% des retraites comme en Grèce, ni la suppression des allocations familiales comme en Grande-Bretagne !
Pourtant cette crise est la pire que nous ayons connue depuis 1929 !
Malgré la réalité de nos difficultés, la France a donc mieux et davantage résisté.
A quoi le devons-nous ?
A deux raisons je crois : la spécificité du « modèle français » et les réformes engagées ces dernières années.
Ces deux raisons sont intimement et mécaniquement liées à mes yeux.
En effet, ce « modèle français », nous devons le protéger, c'est-à-dire le faire perdurer.
Mais nous savons que pour durer il faut être vivant, bouger, et non être figé.
La condition pour durer, c'est de s'adapter.
A l'heure de la mondialisation, que cela nous plaise ou non, il faut sans cesse savoir se réformer.
On retrouve ici le précepte du Prince Lampedusa « il faut que tout change pour que rien ne change ».
Tout cela ne va pas sans difficultés ni contestations dans nos sociétés démocratiques et évoluées, et cela est bien naturel !
Le grand mérite de Nicolas SARKOZY, au delà de tel ou tel aspect de sa politique que l'on peut bien sûr discuter, c'est d'avoir maintenu, contre vents et marées (et le « gros temps aura de loin dominé la météo de son quinquennat !) le cap des réformes.
En cela, il a honoré sa parole de 2007.
Même s'il n'a pu faire ce qu'il voulait comme il le voulait.
Tant d'autres auraient baissé les bras ou se seraient réfugiés dans un attentisme politicien et calculé, où la prudence aurait vite cédé à l'immobilisme !
Cela a pour nom la facilité, une attitude propre aux peuples fatigués et aux vieilles nations en deuil de leurs gloires passées...
Fière de ce qu'elle est, la France a donc fait le choix de continuer à avancer pour préparer l'avenir.
Réforme des retraites, des universités rendues autonomes, de la justice, de la politique du logement, de plusieurs actions pour l'emploi, de la politique de l'environnement avec le Grenelle de l'Environnement, ... je ne cite que quelques exemples sans être exhaustif, car la liste est si longue !
Souvent, des questions délicates, voire taboues, ont été abordées alors que leur traitement était différé depuis trop longtemps pour des « raisons politiques ».
Pendant ce temps, même si cela ne fait pas le quotidien des Français, la France a pleinement tenu son rôle dans le concert des Nations.
Sa voix porte, elle est respectée, elle influence de grands choix stratégiques.
L'Europe, grâce aux directions prises sous l'impulsion de nos précédents Présidents, est désormais le nouvel horizon de notre avenir.
Sa construction a progressé alors qu'elle était enrayée il y a quelques années.
Malgré ses multiples imperfections, aggravées par la difficulté de fonctionner à 27, l'Union européenne est notre unique chance de peser dans les affaires du monde.
Or, les difficultés intérieures n'ont pas, bien au contraire, détourné le Président de ce rôle si particulier que joue notre pays à l'échelle internationale, depuis si longtemps.
Croyez-vous qu'il y ait beaucoup de pays au monde qui soient capables d'être présents militairement, en même temps, sur trois théâtres d'opérations extérieures, en Afghanistan, en Libye et en Côte d'Ivoire ?
Tout cela au nom des principes qui fondent notre civilisation : la démocratie, l'humanisme, le refus des intégrismes et des extrémismes, la recherche de la paix entre les Nations et de la Concorde entre les hommes, l'amitié entre les peuples et les devoirs de l'Histoire.
En vérité, les doigts d'une seule main sont trop nombreux pour répondre à la question posée !
Malgré nos difficultés, réelles, malgré les imperfections et les maladresses, malgré l'inachevé de certains choix, malgré les erreurs, sachons juger ce bilan de quatre ans à sa juste dimension et en le replaçant dans le contexte international qui pèse, inexorablement désormais, sur nos propres destins.
Alors, si on s'astreint à cet exercice, la conclusion en sera considérablement nuancée.
Jean Luc Moudenc

Le Magazine de l'Union : 4 ans d'action

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