Nous voilà arrivés au clap de fin de la primaire socialiste qui aura monopolisé le paysage médiatique bien trop longtemps par rapport aux propositions qu’elle aura fait émerger. Alors qu’au cours des trois débats de premier tour, les candidats ont passé leur temps à chercher à nouer des alliances, le dernier tête-à-tête entre les finalistes François Hollande et Martine Aubry s’est caractérisé par son côté abstrait, décalé et faussement technique.
En regardant ce débat, c’est surtout aux Français que j’ai pensé. Comment ne pouvaient-ils pas se sentir frustrés ? Eux qui s’attendaient à avoir les réponses concrètes pour l’avenir de notre pays, ils n’auront pas entendu un mot ni sur l’emploi, ni sur l’immigration, ni sur les réformes, ni sur la sécurité, ni sur l’agriculture, ni sur la ruralité, ni sur la défense, ni sur l’énergie, ni sur l’international. A aucun moment les candidats n’ont dit comment ils voyaient la France de demain, quelle était leur ambition et leur vision pour notre pays.
Rien d’étonnant que Martine Aubry et François Hollande aient eu du mal à se concentrer sur les préoccupations des Français quand leur seul objectif était clairement de séduire Arnaud Montebourg et ses 17% d’électeurs. Durant tout ce débat, ils n’ont pas économisé leur énergie pour montrer à quel point l’un était plus socialiste que l’autre. Gauche dure, gauche molle, gauche forte, gauche solide, gauche sectaire : tous les qualificatifs y sont passés pour espérer incarner une gauche qui plairait aux tenants de la démondialisation. Mais jamais nous n’avons eu de gauche responsable et crédible !
Et c’est la « gauche molle » de François Hollande qui a finalement réussi à rallier Arnaud Montebourg plutôt que la « gauche sectaire » de Martine Aubry. On voit combien l’opportunisme ici a pesé plus fort que toute autre considération. Arnaud Montebourg n’avait pas de mots assez forts pour dénoncer François Hollande, qu’il qualifiait de « principal défaut du PS », et François Hollande clamait haut et fort : « on ne va pas faire la démondialisation tout seul » en septembre dernier… Et pourtant les voilà qui s’allient !
L’épisode des primaires quasi achevé, il est temps pour nous de reprendre l’initiative : d’abord en plaçant le candidat socialiste face à ses contradictions, ensuite en disant aux Français qu’il existe une autre voie que le gigantesque malentendu qu’est en train de construire le PS. Notre pays peut emprunter un autre chemin que celui des impôts, de la dette, de l’assistanat et du dirigisme qui ont tristement marqué les années Mitterrand.
L’UMP propose donc deux rendez-vous aux Français : le premier sera notre convention « Le projet socialiste à la loupe : Le grand malentendu » du 18 octobre où nous allons décortiquer les propositions du PS pour montrer leur caractère irresponsable et irréalisable. Le second aura lieu début décembre quand nous exposerons notre projet pour le prochain quinquennat, un projet réaliste, responsable et adapté aux préoccupations des Français. C’est en travaillant sur le fond, avec courage et lucidité, que nous ferons la différence avec le PS.
UMP