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Présidentielle : Lettre de Jean Luc Moudenc

2012-04-29-Nicolas-Sarkozy-a-Toulouse 1097Chers amis,

Il nous reste peu de temps maintenant pour convaincre autour de nous ceux qui hésitent.

Au-delà du report des voix du 1er tour et des arguments thématiques développés pour attirer ce report, il nous faut considérer ceux qui n'ont pas voté le 22 mai et ceux qui sont en proie à l'indécision.

Leur hésitation résulte en grande partie de la contradiction vécue par ceux qui, tout à la fois, rejettent Nicolas SARKOZY tout en ayant un gros doute sur la capacité qu'aurait François HOLLANDE à assumer la fonction suprême.

Comment les aider à résoudre cette contradiction et à voter pour notre candidat ?

S'ils n'aiment pas l'extrême-droite et sa présidente, commençons par leur dire de ne pas l'imiter et conseillons-leur donc de récuser le vote blanc.

S'ils sont attachés aux principes de la Démocratie, disons leur qu'ils ont le devoir d'aller voter.

Puisqu'ils sont critiques envers Nicolas SARKOZY, à cause de telle ou telle mesure qu'il a prise, ou en regard de telle ou telle chose qu'il n'a, au contraire, pas faite, ou encore pour une maladresse de comportement, nous pouvons faire valoir que tout cela a été exprimé au 1er tour.

Arrivé deuxième le soir du 22 avril, le président sortant n'a pas été épargné par les commentateurs.

Le deuxième tour joue un rôle différent : chaque citoyen a rendez-vous avec la France ; chacun tient, à travers son bulletin de vote, une parcelle du destin national, car c'est de l'avenir qu'il convient maintenant de décider.

Non, l'heure n'est plus au bilan, ni pour l'analyser, ni pour le valoriser, ni pour le dénigrer. Que de temps perdu à ce sujet lors du débat !

C'est le regard exclusivement fixé sur les cinq ans à venir, dans le contexte international incertain et l'environnement économique difficile actuels, que chacun va devoir choisir le Président.

En prenant cet angle de la prospective, il n'y a pas de place pour la récrimination.

En prenant le parti de la hauteur de vue, il n'y a de place que pour l'essentiel.

On le sent bien : le critère de la capacité à être Chef de l'Etat est d'une importance centrale. Il faut le marteler !

Et ce n'est pas une campagne électorale qui transformera un homme politique, François HOLLANDE, à l'habileté au-dessus de la moyenne - on l'a vu mercredi soir - en Chef d'Etat à la dimension adéquate.

Nicolas SARKOZY, qu'on l'aime ou qu'on le déteste, dispose d'un avantage considérable sur son adversaire si on s'en tient à cet aspect capital.

Il offre aussi aux Français une garantie qu'il n'avait pas en 2007, et que François HOLLANDE n'a pas non plus aujourd'hui.

A nous d'en parler car cette garantie est méconnue, étant issue d'une modification constitutionnelle récente.

Si Nicolas SARKOZY est réélu, il n'aura pas le droit de se représenter en 2017.

Cela garantit donc un Président nouveau, à défaut d'un nouveau Président.

Un Président dégagé de toute préoccupation électoraliste, disposant de cinq années pour gouverner la France selon l'intérêt général, pour faire prévaloir le courage sur les calculs, le long terme sur l'immédiateté, la réforme sur l'inaction, le sens public sur les pressions des lobbies ou les revendications catégorielles, l'avenir de la France sur sa bonne image pour le journal télévisé de 20 h.

François HOLLANDE, au contraire, sera obsédé par l'idée - fort légitime - de se faire réélire pour un second mandat.

Et c'est à l'aune de cet objectif qu'il prendra ou ne prendra pas ses décisions.

Déjà que son tempérament naturel le porte à changer d'avis, à suivre la tendance dominante du moment, à ne pas se tenir à des convictions fermes, à différer les questions difficiles, on mesure l'ampleur du risque que prendrait notre pays en lui confiant les commandes de l'Etat !

Si De Gaulle disait que la politique de la France ne se décide pas à la Bourse, la définir au gré des sondages serait carrément catastrophique.

C'est pourtant bien ce qui nous pend au nez, si on devait arriver au résultat que nous prédisent, justement, les sondages.

Dans le monde tourmenté qui est de plus en plus le nôtre, cela vaut-il la peine de courir un tel risque pour tel ou tel reproche que nous pouvons faire à Nicolas SARKOZY ?

Ce ne serait ni sage ni raisonnable.

Plus que jamais, le vote de la raison et le vote de l'intérêt général garanti, le 6 mai, c'est Nicolas SARKOZY !

A nous de donner le dernier « coup de collier » pour le peu de temps qu'il nous reste d'ici dimanche.

Cela vaut la peine, parce qu'après il sera trop tard et parce que les enjeux sont très importants.



Je compte sur vous !

Merci.

Amicalement,

Jean-Luc Moudenc
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