Conflits armés, restructurations industrielles… Dans son passé récent comme dans son présent, par son histoire et son économie, la région Nord-Pas-de-Calais est une terre mouvementée. Confrontée au chômage, aux stigmates de la désindustrialisation, la région Nord-Pas-de-Calais a cette qualité rare : celle de savoir toujours rebondir. Malgré la disparition hier de grandes filières industrielles et de production, la région Nord-Pas-de Calais est la 3ème région industrielle de France et possède la population la plus jeune de France. Cette faculté de résistance et de rebond s’est forgée sur trois valeurs inscrites dans son patrimoine génétique : le courage, la solidarité et la générosité.
Et ce n’est pas un hasard si l’UMP, sous l’impulsion de Jean-François Copé, a choisi la région du Nord et plus particulièrement Lambersart, la commune de son secrétaire général-adjoint, Marc-Philippe Daubresse, pour organiser devant 1200 personnes la première de ses trois conventions de synthèse sur le thème du Courage. Le courage, pour conserver notre modèle social et notre capacité à créer des emplois, de dépenser moins, de produire plus et mieux, d’affirmer l’équilibre des droits et des devoirs, de faire du prochain quinquennat celui des PME conquérantes, de développer nos filières d’excellence à l’échelle mondiale…
« Notre fil rouge, notre obsession pour le prochain quinquennat tient en une phrase : nous voulons préparer et protéger l’avenir des enfants de France », souligne Jean-François Copé pour qui le Courage est d’abord de dire la vérité, de regarder la réalité en face. Celle d’un changement d’époque : « un nouveau siècle commence ! Il est porteur de réelles menaces : délocalisations qui détruisent nos emplois, dérives de la spéculation financière, atteintes irréversibles à l’environnement… Tous les repères sont en bouleversement permanent », analyse Jean-François Copé évoquant « non pas la fin du monde, mais la fin d’un monde » qui apporte des opportunités formidables « si nous sommes capables de nous arrimer à la croissance mondiale ».
Ces opportunités sont donc à portée de main à condition de faire preuve de courage pour réduire nos déficits et dépenses publiques. « Depuis plus de 30 ans, nous vivons à crédit pour financer notre modèle social. Si nous voulons préserver ce modèle, cet équilibre fragile entre la prospérité, la qualité de vie et la justice sociale, nous devons le financer différemment : remplacer la dette par de la production. Il faut donc produire plus et dépenser moins. Le prochain quinquennat sera celui de la vertu budgétaire », précise Jean-François Copé. « Notre objectif c’est zéro euro de déficit afin de sauver notre modèle social », poursuit Olivier Carré, député du Loiret et secrétaire national en charge des stratégies économiques.
Une direction toute à l’inverse de celle prônée par le PS et de ses promesses engendrant 255 milliards d’euros de dépenses supplémentaires. « Mais les temps changent ! Les Français ne sont dupes de rien à tel point que les amis de François Hollande sont obligés de revoir sa copie », observe Jean-François Copé.
« Notre projet n’est pas, comme celui du PS, écrit à la va-vite avant les primaires sur un coin de table. Partagé par toutes nos sensibilités, il est bâti sur des convictions, sur cette idée que nous nous faisons de la France, grande terre de production industrielle, agricole, d’excellences, de savoir-faire. Nous avons les moyens de réussir » assure Bruno Le Maire en charge du Projet 2012 de l’UMP. « A condition, poursuit-il, d’arrêter de mettre des bâtons dans les roues de ceux qui entreprennent, d’arrêter de penser que la croissance est synonyme d’impôts et de dépenses publiques supplémentaires. Et à condition de poser le principe d’une solidarité juste où tout travail doit être plus rémunérateur que l’assistanat ».
« Notre mission en 2007, poursuit Nathalie Kosciusko-Morizet, était de réformer la France, de nous battre pour la réformer. La crise n’a rien changé à cette mission. Notre détermination est entière face à cette crise qui demande des contraintes terribles. Le courage est au cœur de notre action et c’est tout le contraire de ce que prônent les socialistes pour qui tout est figé. L’emploi et les richesses se créent : c’est notre responsabilité ». Pour tenir l’objectif d’un déficit de l’Etat nul en 2016 et créer des emplois, notre formation avance plusieurs propositions, synthèse de celles formulées pendant un an pour nourrir notre Projet 2012 lors de nos conventions thématiques nationales, nos centaines de débats dans les circonscriptions, clubs politiques, think-tanks et sur internet.
« Sortir des 35 heures non par la contrainte mais en inventant une nouvelle démocratie sociale », suggère Hervé Novelli proposant que « la négociation, branche par branche, entreprise par entreprise, l’emporte sur la contrainte législative » ;
« Alléger le coût du travail », soumet Olivier carré pour qui « nous devons refonder le financement de la protection sociale afin qu’il ne pèse plus uniquement sur le travail et donc sur la création d’emploi ». Il préconise une fiscalité anti-délocalisation afin de rétablir des conditions de concurrence économique, sociale et environnementale équitables ;
« Mettre la formation professionnelle au cœur de nos préoccupations », souligne Bernard Gérard, député-maire de Marcq-en-Barœul, fixant un objectif d’1 million d’apprentis en 2017, la possibilité d’entrer en apprentissage dès l’âge de 14 ans ou encore créer un compte individuel formation « dont le capital de départ serait inversement proportionnel au niveau de la formation initiale » ;
Faire du prochain quinquennat celui des PME conquérantes « en supprimant les effets de seuils sociaux qui bloquent l’embauche dans les petites entreprises, en créant un guichet unique pour passer d’une administration de contrôle à une administration de service », avance Frédéric Lefebvre, secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes entreprises. « Les financements doivent être plus innovants », pressent Catherine Vautrin et Marie-Anne Montchamp souhaitant que les banques s’impliquent plus pour favoriser l’économie et faciliter les crédits ;
Développer nos filières d’excellence à l’échelle mondiale. Parmi elles « les éco-industries, le seul secteur qui ne débauche pas », note Nathalie Kosciusko-Morizet ;
Réaffirmer l’équilibre des droits et des devoirs « afin de répartir équitablement les efforts et préserver notre modèle social », précise Eric Woerth, conseiller politique et député-maire de Chantilly (Oise) lequel met en avant dans la lutte à mener contre les fraudes sociales, la mise en place d’une carte sociale sécurisée ainsi que la création d’un fichier national des fraudeurs sociaux.
Pour sa part Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, met en avant le contrat unique d’insertion (CUI) avec cette obligation faite aux bénéficiaires du RSA de travailler 7 heures par semaine pour une collectivité locale. « 7 heures pour dire que chacun a sa chance », poursuit Roselyne Bachelot devançant ceux qui s’opposent à toute réforme : « ce n’est pas la réforme qui va tuer notre modèle social mais l’immobilisme ».
Marc-Philippe Daubresse est quant à lui très attaché à la valeur travail et à « ce que celui qui travaille gagne plus que celui qui est dans l’assistanat ». D’où son idée de plafonner, pour les bénéficiaires du RSA socle, le cumul des prestations sociales, hors prestations familiales, à 75% du SMIC.