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Mariage gay: les maires de droite seront malgré tout disciplinés en Haute-Garonne

moudenc-74.jpgAprès validation de la loi sur la mariage pour tous par le Conseil constitutionnel, ce 17 mai, ils célèbreront… par devoir républicain.

Quoique très majoritairement opposés à la loi sur le mariage pour tous, les maires et élus municipaux de droite en Haute-Garonne ne vont pas poursuivre leur opposition farouche dans l’exercice de leur mandat.

Jean-Luc Moudenc (UMP) avait déjà, dès le début des débats autour de la loi sur le mariage pour tous, clairement exprimé cette dichotomie entre son droit de conscience et son devoir républicain expliquant qu’il s’opposerait à ce projet de loi à l’Assemblée mais, si elle devait être promulguée et qu’il devait être élu maire de Toulouse en 2014, qu’il l’appliquerait en célébrant des mariages gay.

À Revel, Alain Chatillon (UDI) avoue le même cas de figure. « Je ne suis pas favorable au « mariage » des homosexuels. Au-delà de l’avis de chacun, que je respecte, il convient de noter que très peu d’entre eux utilisent le Pacs. Pourquoi ? Il me paraît plus adapté, et j’y suis très favorable, de pratiquer « l’union » des homosexuels plutôt que le mariage », se défend encore le sénateur haut-garonnais. «  À l’issue de la décision du Conseil constitutionnel et en tant qu’élu de la République, respectant la loi votée, comme il se doit, je l’appliquerai », assure-t-il.

À Saint-Alban, Raymond-Roger Stramare (divers droite), lâche un « que voulez-vous que l’on fasse… », aussi dépité que discipliné. Celui qui bouclera en 2014 son septième mandat et sera candidat à un huitième « et dernier ! » mandat dit qu’il « assumera la célébration d’un mariage gay » si l’occasion devait se présenter. Pas du tout favorable à la loi, il argue lui aussi de la « République ».

Une République tellement prégnante que l’on s’étonne même, au cabinet du maire UMP de Quint-Fonsegrives Bernard Solera, que l’on puisse poser la question. « Bien sûr que l’on célébrera des mariages, à partir du moment où la loi est votée et si elle est validée par le Conseil constitutionnel ».

Mais si l’on pose la question, c’est bien parce que des maires espèrent toujours ne pas avoir à transiger avec leur liberté de conscience. C’est le cas de Grégoire Carneiro (UMP), maire de Castelginest. « J’espère que le gouvernement aura la sagesse de laisser le libre-arbitre sur ce sujet », développe l’ancien parlementaire, faisant écho à la volonté qu’avait d’abord eue, avant de se rétracter, François Hollande de ne pas imposer aux maires réfractaires de célébrer un mariage gay. « J’en appelle à l’intelligence car c’est un choix qui nous engage au plan éthique », poursuit celui qui assure avoir discuté avec des maires de gauche du même avis que lui mais soumis à la discipline de fer du PS.

Si, néanmoins, il ne pouvait en être autrement, « alors on célébrera… Il y a bien quelqu’un, en mairie, qui acceptera de marier ».

Mais « en mairie » aussi, les élus de droite ne sont forcément favorables à l’instar de Chantal Dounot-Sobraques, conseillère municipale à Toulouse : « Il faut être cohérent. À partir du moment où l’on est opposé à un texte, il est légitime de refuser de participer à ces cérémonies ».

La Voix du Midi

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