"Transports Bien anticipée, l'arrivée du TGV peut se transformer en jackpot Le TGV pourrait créer 12 000 emplois dans la région pendant les cinq ans de sa phase de construction. C'est du moins ce qui s'est passé ailleurs, en Alsace ou en Paca, quand le bolide des rails a pointé son nez. Mais cet appel d'air sur le marché du travail n'est que le plus prévisible d'une longue liste d'effets positifs. C'est du moins ce qu'indique une étude, réalisée par un cabinet d'audit spécialisé, et dévoilée hier lors de l'assemblée générale de l'association TGV Sud-Ouest*, créée en juillet pour promouvoir le projet.
Des bas et des hauts pour l'aérien
D'après le document, le TGV a généré partout une hausse des emplois tertiaires et un afflux d'investisseurs étrangers. Il a aussi dopé les fréquentations des centres de congrès. Celui de Strasbourg aurait par exemple vu doubler le nombre de ses visiteurs. Un indicateur de bon augure, alors que le Grand Toulouse s'apprête à construire un nouveau parc des expositions sur la zone Aéroconstellation. L'effet est aussi considérable sur le tourisme. Marseille a enregistré une hausse de deux millions de touristes au cours des six années qui ont suivi l'arrivée du TGV Sud-Méditerranée.
Fatalement, le train à grande vitesse a aussi des conséquences sur les autres modes de transports. Parfois positives, comme pour les compagnies de taxis qui desservent la gare de Strasbourg. Parfois négatives, dans l'aérien surtout. La fréquentation de la ligne Marseille-Orly a chuté de 20 % l'année suivant la mise en service du TGV. « Mais en profitant du TGV et en se spécialisant notamment dans le low-cost, l'aéroport Marseille-Provence a connu à nouveau une augmentation d'activité deux ans après », souligne François Delay, l'auteur de l'étude.
Enfin, partout où il passe, le TGV provoque un gonflement de la population étudiante. Mais Toulouse n'a pas attendu la LGV pour être la ville de province la plus attractive dans ce domaine.
L'un des effets escomptés est de mettre les stations de ski pyrénéennes à 5 h de Paris. Soit autant que les Alpes. Une occasion de capter enfin les nombreux skieurs franciliens.
Un Parcours semé d’embûches
Pour récolter les bénéfices du TGV, encore faut-il qu’il arrive. Et dans des délais raisonnables, soit, pour les élus les plus optimistes, à l’horizon 2020. « Nous voulons être assurés que quand toutes les procédures seront lancées, les travaux débuteront bien » explique Martin Malvy (PS), le président de la région. Avec Pierre Izard (PS), le président du conseil général et Pierre Cohen (PS) le président du Grand Toulouse, il a rencontré hier un émissaire du ministère des Transports pour obtenir d’ici à septembre la « signature d’un protocole incluant noir sur blanc cette garantie ». Les collectivités de Midi-Pyrénées sont sollicitées à hauteur d’1,16 milliard pour la construction de la ligne à grande vitesse, dont 270 millions destinés au tronçon Tours-Bordeaux, plus avancé.
Les associations en embuscade
« En ces temps de rigueurs budgétaires, nous ne voudrions pas payer pour mettre Bordeaux à deux heures de Paris, puis apprendre que Toulouse va rester à deux heures de Bordeaux » précise Pierre Izard. Au-delà de ces incertitudes politiques, le TGV s’expose aussi à des aléas techniques. Les travaux doivent débuter en 2015, mais c’est sans compter sur l’opposition de certains riverains. Le collectif Union Pour La Sauvegarde des Villages (USV) a adressé la semaine dernière aux services du Premier Ministre une demande de recours gracieux contre l’itinéraire retenu au Nord de Toulouse. Si la décision est quand même confirmée, les associations l’attaqueront devant le tribunal administratif… Elles n’excluent pas non plus un recours pénal. " 20 Minutes Toulouse du 150610