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LGV. Un ex-conseiller de Bercy mis en examen pour avoir fait déplacer le tracé loin de chez lui

TGV 150La LGV oui, mais pas chez moi ! C'est ce qu'aurait dit François-Gilles Egretier, mis en examen pour prise illégale d'intérêt. Cet ancien collaborateur de Christine Lagarde à Bercy est soupçonné d'avoir fait détourner le tracé de la Ligne à grande vitesse (LGV) traversant une propriété familiale dans les Landes, a indiqué ce mardi l'avocat de l'association plaignante, confirmant une information de Sud-Ouest.

Chargé de l'instruction, le pôle financier du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris n'a pu être joint pour confirmenr l'information. L'avocat de François-Gilles Egretier a indiqué qu'il ne souhaitait pas communiquer sur cette affaire. "Cette mise en examen est un grand pas vers ce qui semble être la manifestation de la vérité. Nous vivons actuellement dans un climat de moralisation de l'action politique et je sais pouvoir compter sur la justice pour qu'elle fasse son travail, même s'il faut respecter la présomption d'innocence", a déclaré Me Adrien Ville, avocat de l'association "Les vois du fuseau nord".

Des e-mails explicites avec le secrétaire d'Etat aux Transports

Cette association avait déposé une plainte en 2010 au parquet de Mont-de-Marsan, classée sans suite en 2012. Me Ville avait alors saisi le doyen des juges d'instruction d'une plainte avec constitution de partie civile, cette fois au nom des 15 riverains touchés par le déplacement de 3000 mètres de fuseau du tracé de la LGV. Le tracé final de la LGV reliant Bordeaux à l'Espagne, retenu en 2010, doit désormais passer au nord de la commune landaise d'Uchacq-et-Parentis (600 habitants), évitant ainsi la propriété familiale de François-Gilles Egretier, contrairement à celui retenu en 2009.

Selon Me Ville, cette mise en examen repose en grande partie sur "des e-mails très explicites où personne ne se cache de contacts avec Dominique Bussereau, ex-secrétaire d'État aux transports, et Jean-Marc Delion, alors directeur général délégué de RFF (réseau ferré de France, ndlr.), pour faire en sorte que le tracé ne passe plus dans son jardin". "La révélation de ces courriers fait suite à une erreur de la partie adverse", a raconté l'avocat. "Une personne a été intégrée par erreur dans le listing informatique et a reçu les messages dont elle n'était pas destinataire".

Celui-ci, Robert Tauziat, porte-parole des plaignants, a fait part de son "immense satisfaction". "C'est un ballon d'oxygène après un combat de trois années (...) où nous avons été humiliés, roulés dans la farine", dans "un combat du pot de terre contre le fer", a-t-il ajouté.

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