L'association LGV Orthez Oui a invité l'ancien directeur général des services de Pau, hier.
« Jean-Pierre Cremer a mis le doigt sur les deux problèmes essentiels auxquels nous sommes confrontés dans le dossier de la LGV : les divisions éternelles et l'absence de projet justifiant une telle réalisation. » Jacques Pédehontaa, le maire de Laàs et vice-président de l'association LGV-Orthez-Oui, n'a pas mâché ses mots, hier midi, à l'issue de la réunion de l'association qui avait invité Jean-Pierre Cremer, notamment ancien directeur général des services de Pau.
Devant les principaux membres du bureau, ce dernier a tenu à « resituer le contexte » en affirmant que « Bayonne ne sera desservie par la LGV que parce qu'elle se trouve entre Paris et Madrid ». Il a ajouté en enfonçant le clou : « Théoriquement, il n'y a aucune raison de faire une LGV pour Pau car cette agglomération est trop petite. » Pour lui, si la « bataille des études a été gagnée », le principe « d'une desserte grande vitesse du Béarn-Bigorre est loin d'être acquise. »
« Cacophonie »
Jean-Pierre Cremer, qui a aussi été directeur général des services du Département, estime que vu de Paris, le territoire présente une véritable « cacophonie » sur le sujet. Plus qu'un tracé, Jean-Pierre Cremer a donc conseillé aux représentants de l'association orthézienne de travailler à un consensus pour défendre en premier lieu la desserte Béarn-Bigorre.
Mais pour Jacques Pedehontaà, « tout est réuni pour que les divisions persistent ». « Trouver un consensus est pour moi un leurre vu les échéances électorales qui arrivent. »
Les avis de Martine Lignière-Cassou, la députée-maire de Pau, et de David Habib, député d'Orthez et maire de Mourenx, semblent être très attendus dans ce dossier. « Il y a aussi des divisions économiques, renchérit René Ricarrère, l'ancien maire d'Orthez qui préside l'association. La Chambre de commerce et d'industrie (CCI) doit défendre Pau mais aussi le Béarn comme l'indique son nom ! » Les propos du président de la CCI s'exprimant pour la création d'une gare TGV Pau-Uzein sont visiblement mal passés. Les membres du bureau de LGV-Orthez-Oui ont convenu avec Jean-Pierre Cremer que le manque de projet de développement économique et touristique pour le territoire était un handicap.
En conclusion, LGV-Orthez-Oui a décidé de saisir officiellement les présidents des Régions Aquitaine et Midi-Pyrénées « afin de travailler sur un projet global qui ne mette pas en concurrence les territoires ».
Le Sud Ouest