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LGV : limiter les dégâts

TGV_519.jpgLes huit premiers chantiers liés à la LGV Tours-Bordeaux coïncident avec la signature de la charte d'aménagement foncier. Pas tout à fait un hasard.

Après le préfet mardi, c'est Claude Bertaud, président du conseil général de la Vienne qui présentait jeudi sa charte d'aménagement foncier. L'idée ? Compenser les blessures du développement économique et urbain dans le paysage local, par des aménagements soucieux de protéger l'environnement. Avec en ligne de mire le chantier de la ligne à grande vitesse qui démarre, et qui va lacérer le département.

« Nous sommes conscients qu'il faut réparer les impacts liés aux grands ouvrages comme la LGV Tours-Bordeaux, en s'appliquant notamment à bien définir les engagements de départ et les responsabilités de chacun. » Entendez par là, l'engagement de Réseau Ferré de France et des partenaires du groupe Vinci qui travailleront sur ce chantier d'envergure et que le conseil général voudrait associer à la charte. Sachant que huit commissions travaillent déjà à la préparation des futurs travaux, il y a urgence. « Nous voulons engager ces entreprises d'où l'importance d'être unis pour défendre nos territoires », précise le vice-président Yves Gargouil, à destination de tous les associés.
Une discipline qu'il faudra également s'appliquer à soi-même puisque cette charte ne se limite pas aux seules conséquences des travaux de construction de la ligne à grande vitesse. Ses conditions s'imposent aussi aux travaux de déviation de Montmorillon et de Fleuré, ainsi qu'à l'aménagement routier de la commune de Loudun. Donc aux services du département et des municipalités...

en savoir plus

Concrètement, ça marche comment ?

Quelques directives imposées par la charte
> Pas question de détruire des arbres isolés ou de modifier des milieux sensibles comme les mares et plans d'eau.
> Création de bourses aux arbres. Elles reposent sur des échanges amiables d'arbres ou de bois, comme on peut échanger des parcelles de terrains pour des aménagements fonciers. Chacun des propriétaires conserve ainsi son capital bois et les arrachages doivent être limités au minimum.
> L'adhésion d'une collectivité à la charte est une condition nécessaire à l'engagement financier du conseil général pour un chantier. Et l'ensemble des maîtres d'ouvrage doivent s'engager à respecter la charte.

ils ont dit

> Yves Bouloux, président de l'association des maires : « Nous sommes soucieux de la préservation des espaces agricoles et forestiers. »

> Jean-Luc Mathieu, président de la Chambre d'agriculture : « On ne parle plus d'opération de remembrement, un mot devenu tabou. Aujourd'hui, nous faisons le pari que le traumatisme des grands ouvrages nous permette de valoriser l'environnement. »

> Brigitte Bonisseau, présidente du centre régional de la propriété forestière : « Nous sommes heureux de cette charte même si elle arrive tard, après que des terres ont été bradées. Sachant que la conservation est préférable à la destruction puis à la reconstruction. Et qu'il est mieux d'y penser avant d'entamer tous projets. »

La Nouvelle République du 290111
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