Les trois associations de défense des quartiers traversés ont rencontré pour la première fois, jeudi après midi, les porteurs du projet. Elles sont sur leurs gardes.
La ligne à grande vitesse (LGV) fait beaucoup parler d'elle en ce mois de février. Ce fut le cas avec la pression mise par Vincent Feltesse, président de la Communauté urbaine de Bordeaux et son collègue Michel Héritié, le maire ambarésien, pour obtenir de Réseau Ferré de France (RFF) des garanties sur la réalisation de divers équipements venant compenser l'impact de la future ligne sur la commune.
La CUB ayant reçu des assurances, elle s'est engagée dans une convention précisant sa participation financière à hauteur de 17 millions d'euros.
Cette période de discussions, âpres, entre les politiques et les porteurs d'un projet colossal a eu pour effet de faire monter l'inquiétude chez des Ambarésiens, en particulier des trois associations locales qui partagent chacune sur différent secteur de la commune le même souci de protéger la qualité de vie.
Jeudi après-midi, leurs responsables étaient invités à une réunion de travail importante vu qu'ils rencontraient pour la première fois des représentants du groupement LISEA (1), de RFF.
Parties de négociations« On nous assure qu'il y aura des protections phoniques, que la voirie locale sera préservée mais ça reste à voir », analyse Pierre Carreau, le président d'Assodef. Michel Héritié observe que « c'est un peu frustrant parce qu'on est sur un protocole d'accord (2) en en attendant l'avant-projet détaillé, mais la visualisation des plans en 3D nous a permis de bien localiser les impacts ». Ferme, le maire ajoute que « ce protocole est une base de travail mais en aucun cas un chèque en blanc ».
De belles parties de négociations se profilent à très court terme. Assodef est déçu après que les hommes de l'art ont révélé qu'« il n'est pas possible de réaliser une halte pour les TER sur la ligne de Nantes, au niveau du chemin de Lacanau ». Pierre Carreau, le maire, regarde du côté de La Gorp, l'étude d'aménagement comprenant habitat et commerces menée par la CUB qu'« il conviendra de croiser avec le LISEA ». Il lorgne lui aussi sur la halte TER de Lagrave qu'il souhaite voir déplacée vers le centre-ville. Reste aussi à Alain Rousset, le président de la Région Aquitaine, à trancher pour une halte TER entre les communes d'Ambarès, Carbon-Blanc et Lormont.
Du côté de l'association Sabarèges, Christian Bordes n'a pas besoin d'attendre l'avant-projet détaillé pour regretter que « le compte n'y est pas ». « Il manque sur une zone habitée 800 mètres de protection phonique, jusqu'au Pont du Lyonnais », note le président.
Le maire n'a pas attendu non plus pour alerter les aménageurs sur la nécessité de « compléter le dispositif d'information du chantier vers le public ». « Internet c'est bien mais il faudra aussi des lettres, de l'affichage », insiste-t-il. Un domaine dans lequel la municipalité entend prendre sa part - « sans se substituer au groupement » - en organisant une grande réunion publique le samedi 30 avril au Pôle Ev@sion.
(1) Le groupement LISEA composé de Vinci, Caisse des Dépôts et AXA Private Equity, est concessionnaire pressenti de la LGV. (2) Le protocole sera présenté au conseil municipal de lundi.
Le Sud Ouest du 260211