Une cinquantaine d’exploitants ont bloqué les travaux, hier, pour protester contre les retards de paiement liés aux expropriations. Petit coup de pression, hier, sur le chantier de la Ligne à Grande Vitesse Tours-Bordeaux. Environ 50 agriculteurs se sont retrouvés vers 10 h, à Draché, devant les locaux de la Cosea (filiale de Vinci) pour protester contre les lenteurs des indemnisations liées aux expropriations.
Dans le département, environ 400 agriculteurs sont concernés : 90 pour des expropriations, plus de 300 pour les « aménagements fonciers » consécutifs au redécoupage des exploitations. Celles-ci se trouvent notamment à Maillé, Draché, Villeperdue et Marigny-Marmande.
Symboliquement, des agriculteurs sont allés labourer des terres dont ils ont été expropriés mais qui ne leur sont toujours pas payées. Ces retards de paiement vont de deux à six mois.
« Un protocole spécifique LGV Tours-Bordeaux a été négocié en 2009 entre Réseau ferré de France et la profession, via la chambre d'agriculture et les syndicats. Lorsque Vinci a pris la concession, le groupe connaissait le protocole », s'étonne Alain Raguin, président de l'Union départementale des syndicats d'exploitants agricoles (UDSEA).
Cinquante-sept dossiers en souffrance
Un autre problème touche aux « surfaces agricoles utiles », qui vont passer de 150 ha à près de 1.000 ha.
Il s'agit d'un principe de compensation environnementale : lorsqu'un hectare de forêt est déboisé pour la ligne, il faut prévoir un hectare de forêt ailleurs pour respecter l'équilibre. Idem avec les zones protégées.
D'où de nouvelles expropriations. « Nous l'avons découvert au fur et à mesure », poursuit Alain Raguin.
A peine sorti de sa période de réserve électorale, le préfet d'Indre-et-Loire, Jean-François Delage, n'a pas tardé à réagir à ce coup de sang. Dès hier après-midi, il a réuni les représentants du monde agricole et les responsables de Cosea pour faire un point précis de la situation.
Depuis le mois de novembre 2011, 1.454 parcelles expropriées ont déjà été indemnisées pour un montant global de 11,6 M€. 57 dossiers sont en souffrance pour un total de 1,12 M€
« Cosea s'est engagé à les examiner avant la fin de la semaine. Les versements seront effectués d'ici le 14 juillet », indique le préfet en expliquant les retrads de paiement par des lourdeurs de procédure. « Il n'y a pas de mauvaise volonté. Cosea s'est engagé à appliquer scrupuleusement les accords conclus », assure Jean-François Delage, en première ligne sur le sujet.
La Nouvelle République