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LGV: le directeur de projet détaille son plan d'action

TGV_822.jpgHervé Tricot, chef du projet de la ligne LGV Tours-Bordeaux,
était hier à Angoulême. C'est la première fois qu'il s'exprime.

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Hervé Tricot sort de l'ombre. Le directeur du projet de la ligne à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux chez Liséa (la société concessionnaire créée par le groupe Vinci et ses partenaires pour la construction, l'exploitation et la maintenance de la LGV) était à Angoulême hier. C'est la première fois qu'il s'affiche. Depuis un an, l'homme s'est activé en coulisses, le temps d'établir le contrat de concession entre Vinci et Réseau ferré de France (RFF) signé le 16 juin permettant de lancer officiellement ce qu'on appelle «le chantier du siècle».

 

Pourquoi autant de temps pour établir le contrat de concession?

Hervé Tricot. Autant de temps, c'est une question relative. On parle ici d'un contrat de 7,8 milliards d'euros. Ça nécessite des précautions. Et de longues négociations avec les banques et les collectivités locales. Mais pendant ce temps-là, on a aussi travaillé. Et on a gagné du temps: nous devions réaliser les travaux dans un délai de 79 mois à partir de la signature. Ce sera 73 mois.

 

Quel est le calendrier précis?

D'abord, le contrat doit être soumis à l'avis définitif du Conseil d'État et donné lieu à un décret qui doit être signé par quatre ministres. Une fois le décret paru au Journal officiel - nous espérons que ce sera fait avant la fin du mois -, le contrat de concession est conclu pour 50 ans. En Charente, les travaux vont démarrer au printemps 2012. La nouvelle LGV doit ouvrir fin juillet 2017.

 

«Chantier du siècle»,

c'est une formule exagérée?

Je ne sais pas si on peut utiliser cette formule mais en tout cas, ce chantier a une particularité: nous avons à créer 340 km de voies d'un coup (dont 90 km en Charente) ou plus exactement, nous travaillerons partout en même temps alors que les chantiers s'établissent en principe par phasages. Cela, personne ne l'a jamais fait en Europe.

La création d'une nouvelle

ligne de chemin de fer entraîne toujours des expropriations.

Où en est-on?

D'abord, RFF a acquis une quantité non négligeable de terrains en amont dont de nombreux terrains bâtis. Les choses sont réglées sur la majeure partie des 340 km. Pour le reste, il convient de rappeler qu'une procédure lancée devant la justice pour contester une expropriation ne signifie pas forcément un meilleur prix au final pour celui qui attaque. Nous avons l'expérience d'autres infrastructures en France, notamment sur l'A 10 ou l'A 11 pour l'affirmer.

 

Qui dit «chantier du siècle» dit aussi «nuisances importantes» pour les populations. Que

dites-vous aux particuliers?

Dire qu'il n'y aura pas de gêne, ce serait mentir. Une infrastructure telle que celle que nous lançons aujourd'hui crée des nuisances. Nous faisons le maximum et dans la concertation pour les limiter. La période la plus traumatisante sera celle allant de 2012 à 2015. Mais je souligne aussi l'impact économique très important de ce chantier pour les territoires.

 

C'est-à-dire, dans le détail?

La construction de la ligne va mobiliser entre 4.500 et 5.000 personnes au plus fort du chantier et il y aura 1.300 embauches en Poitou-Charentes. Les emplois concerneront essentiellement les métiers du génie civil et du terrassement. Liséa s'est aussi engagée à consacrer à des personnes en insertion 10% des heures de terrassement et de génie civil travaillées, soit environ 400 personnes. Il y aura également des emplois indirects: on estime ainsi que pour un emploi direct, un emploi de sous-traitant est créé plus un demi-emploi induit, notamment en matière d'hébergement ou de restauration.

 

En Poitou-Charentes,

la présidente de région a refusé

de cofinancer la LGV et proposé à l'État un prêt remboursable. Votre sentiment?

J'ai souhaité la rencontrer. Ça n'a pas pu se faire. Je n'ai pas d'autre commentaire à faire sur ce point.

 

La Charente Libre
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