Avec la LGV, le hameau sera voisin d'un empilement des lignes ferroviaires, du périphérique et de la voie communale avec un pont à 7 mètres. Colère. Le projet de Ligne à grande vitesse (LGV) est bien avancé entre Tours et Bordeaux. Ses travaux devraient commencer l'an prochain. Sur le trajet, les points d'achoppement se sont multipliés. De nombreuses associations de riverains se sont créées. Comme à Chambray-lès-Tours, avec l'Association pour la protection de Chambray (APC). Une association dans laquelle la municipalité s'est fortement engagée.
'' On a l'impression d'être oubliés ''
Petit à petit, après de longues heures de discussions, le projet s'est affiné et des avancées techniques ont vu le jour. Pourtant, tout n'a pas été réglé. Au hameau de l'Anguicherie, les habitants se sentent floués. Oubliés, même.
Leurs griefs ne portent pas sur la LGV en elle-même (lire NR du 8 août), mais sur les nuisances engendrées par « la mauvaise gestion des infrastructures liées à cette LGV », expliquent les habitants de ce hameau abritant cinq familles, soit une vingtaine de personnes dont « trois dames de 85 ans », ajoute Dominique Cosson. Sa maman et ses tantes résident ici depuis toujours.
« Bien sûr, on sait que la LGV va passer tout près de nous, continue Bernard Thomas, un autre habitant de l'Anguicherie. Nous ne sommes pas contre la LGV. Nous voulons simplement dire qu'il y a des choses qui ne vont pas et qu'elles peuvent être améliorées. »
Par exemple ? « A 150 m des maisons, il va y avoir un empilement d'infrastructures : la LGV à - 6 m puis au-dessus le périphérique à + 3 m (deux fois deux voies) et par-dessus encore le VC 7 qui atteindra 7 mètres. Ça ne va pas. Nous avons proposé, et, il y a eu des réunions en préfecture, des aménagements qui, pour nous seraient sources de confort, comme la déviation de la circulation routière de la VC 7 sur le giratoire de la Ricotière. Cela éviterait un pont à 7 mètres ».
Les riverains avancent aussi des problèmes de bruits, de gêne visuelle et, surtout, un manque d'informations sur les éléments techniques : « Pourquoi y a-t-il des différences d'altitudes si grandes ? On a bossé des heures et des heures pour avancer des arguments techniques, repris lors des réunions en préfecture. Puis, tout d'un coup, on ne nous entend plus. On a tranché sans tenir compte de l'humain, précise Dominique Cosson. On aime ce quartier, nos souvenirs sont ici. Ma maison est dans la famille depuis plusieurs générations. Donc, on ne va pas partir, on va supporter les désagréments. On veut simplement un peu de considération. »
réaction
Mairie : '' L'écoute a été réelle ''
La mairie de Chambray-les-Tours s'inscrit en faux contre les arguments avancés par les habitants de l'Anguicherie. « Depuis 10 ans, la municipalité de Chambray s'est mobilisée avec détermination avec un seul objectif : faire en sorte que les nuisances soient les plus faibles possibles pour les habitants. Et les efforts n'ont pas été vains, assure Christian Gatard, le maire de Chambray. Il y a 10 ans, le projet cumulait toutes les nuisances. D'ailleurs, lors du conseil municipal du 7 juillet, le conseil a voté à l'unanimité une délibération qui a acté des avancées significatives : ligne en déblais sur la quasi-totalité du territoire, rétablissement des routes au niveau du terrain naturel à la seule exception du VC 7 qui nécessite un pont pour passer au-dessus du boulevard périphérique et protections acoustiques prévues à chaque fois que nécessaire. Le seul point de discorde avec certains riverains concerne le VC 7, justement. Des habitants espéraient que le VC 7 qui relie Veigné au rond-point de la Papoterie serait dévié vers le rond-point de la Ricotière. On ne peut pas faire de la sorte pour des raisons de sécurité mais aussi financières. De sécurité car une telle déviation aboutirait sur un rond-point déjà engorgé par une circulation automobile très dense. En plus, ce serait absurde de générer de l'insécurité alors qu'un rond-point vient d'être créé à la Papoterie. Et surtout, cette déviation nécessiterait d'investir ans un nouveau rond-point de grand gabarit à la Ricotière que personne n'envisage de faire dans l'immédiat : ni le conseil général, ni le groupe Vinci, ni l'État et encore moins la commune dont ce n'est pas le domaine de compétence. »
La Nouvelle République