Les élus ont installé des clôtures pour retarder les sondages de la LGV. Le mouvement anti-LGV n'est pas prêt de s'essouffler. La preuve encore hier midi à Ascain où les élus municipaux avaient invité les agriculteurs sur un terrain communal à l'entrée du village. Au total, 50 agriculteurs et sympathisants anti-LGV et 17 tracteurs sont venus fermer symboliquement la clôture de la parcelle où la société Fondasol a prévu d'effectuer trois sondages géotechniques pour le compte de Réseau Ferré de France en vue des travaux de la Ligne à grande vitesse (LGV).
Comme il y a quelques jours à Urrugne, les anti-LGV ont marqué leur territoire. « Que Fondasol sache bien qu'on va les recevoir comme il faut », a lancé (menacé ?) le maire d'Ascain avant de rajouter : « RFF a sollicité un rendez-vous en mairie il y a quelques jours. J'avais le temps de les recevoir. Mais je leur ai dit que je n'en avais pas l'envie. J'invite tout le monde à entrer en résistance. »
Les techniciens de Fondasol peuvent quand même pénétrer sur les terrains communaux. « Mais uniquement s'ils ne sont pas clôturés. Si c'est le cas, ils doivent absolument contacter le propriétaire. Or, nous avons installé un grillage et une chaîne il y a quinze jours. Nous l'avons même fait constater par un huissier », livre le maire d'Ascain. Une tactique qui vise à ralentir la procédure d'état des lieux.
Gagner du tempsLe public a profité de cette réunion pour poser des questions aux membres du collectif « Ascain LGV : ni ici, ni ailleurs ». « Qui devons nous faire si un huissier tape à notre porte ? Ont-ils le droit de pénétrer sur notre terrain ? » Et à chaque fois la même réponse : « Il ne faut rien signer. Si vous avez un doute, appelez la mairie et demandez l'aide du collectif. Nous sommes prêts à intervenir n'importe quand ». La résistance est bien organisée, à Ascain, comme dans toutes les communes concernées par le faisceau LGV. Et des opérations sont même prévues en cas d'intervention des forces de l'ordre.
« Nous sommes convaincus que nous pouvons renverser la situation », conclut Jean-Louis Laduche. Un berger d'Urrugne va même plus loin : « Nous sommes remontés comme jamais. Nous ne les laisserons pas construire cette ligne. »
Le Sud Ouest du 211210