Le député européen et conseiller régional veut qu'après les cantonales, le Conseil général s'engage. Alain Lamassoure. Ce qui se passe dans le monde arabe, forcément. Nous sommes à un tournant de l'Histoire, plus important encore que la chute du mur de Berlin. Le vrai début du XXIe siècle, il est là. Des peuples découvrent qu'ils peuvent prendre le pouvoir à mains nues. Si on excepte la Libye, certes. Mais le mouvement est irréversible et c'est une formidable bonne nouvelle pour tous ceux qui sont encore asservis de par le monde ! C'est aussi une bonne nouvelle pour nos banlieues, où des Français d'origine étrangère pouvaient se sentir mal à l'aise jusqu'à présent entre leurs deux cultures.
Vous croyez que ces révolutions contribuent à la montée du Front national dans les sondages ?Non. La France n'est pas menacée par ces événements. Il ne faut pas en avoir peur. La montée du vote extrémiste s'explique davantage par le fait qu'on vient de vivre une crise mondiale énorme. La France en sort mieux que d'autres pays. Mais comment va la France exactement ? Quelles sont ses perspectives ? Les Français sont dans le désarroi, l'inquiétude. Ils attendent un message, le message de l'après-crise, qui ne vient pas. J'attends du président de la République qu'il délivre ce message. Il aurait pu le faire au moment du remaniement…
Vous évoquez le remaniement. Le départ de Michèle Alliot-Marie du gouvernement était inéluctable ?
Je crois que le président de la République a pris la bonne décision. Il aurait même mieux valu la prendre plus tôt.
La campagne des cantonales bat son plein. Vous vous y intéressez ?Bien sûr. En tant que conseiller régional, je me déplace beaucoup en Aquitaine. En tant que député européen, ma circonscription court sur tout le Grand Sud-Ouest. Une campagne électorale, même pour une élection locale, ça reste un moment privilégié de dialogue entre citoyens et politiques.
Le Conseil général peut basculer à gauche, à votre avis ?Cette élection se fait dans un contexte national difficile pour la droite. Mais la majorité départementale sortante UMP-Forces 64 a bien travaillé. Son bilan est très positif. Elle a conclu un accord programmatique et électoral sérieux, qui s'appuie sur une méthode de travail qui a fait ses preuves.
Vous êtes un ardent défenseur de la LGV. Mais l'exécutif départemental, lui, semble traîner des pieds pour son financement…Il s'agit, pour l'instant, du financement du tronçon entre Tours et Bordeaux. Et j'observe que la région Poitou-Charentes de Mme Royale, concernée au premier chef, n'a toujours pas donné son accord pour payer ! En Pyrénées-Atlantiques, la négociation n'a pas avancé parce qu'on était dans une logique de « donnant-donnant » avec l'État. Maintenant, on ne peut plus perdre de temps. Après les élections cantonales, il faudra signer.
Le projet de nouvelle liaison routière entre Pau et Oloron fait également débat. Vous le soutenez ?Oui. On ne peut pas dire qu'il faut conforter le tissu économique oloronais, où il y a quand même de grosses entreprises comme Messier et Lindt, et se contenter de la route actuelle ! Le développement du ferroutage n'est pas non plus suffisant. Ceux qui disent le contraire sont les mêmes qui repoussent la future LGV parce qu'ils ne veulent rien de ce qui est moderne.
On peut pourtant être moderne et respectueux de l'environnement, à l'exemple de l'A 65 Pau-Langon. Or aujourd'hui, on voit bien que le vrai clivage politique n'est plus gauche contre droite - les socialistes n'ont plus de projet. Il se situe entre ceux qui veulent retrouver la croissance, le dynamisme économique, et ceux comme Europe Écologie Les Verts qui s'opposent à tous travaux, investissements publics et tout progrès.
Le Sud Ouest du 120311