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LGV : écoutés, pas entendus

TGV_470.jpgFace au projet mené par RFF, élus locaux et associations peinent à se faire entendre, malgré leurs efforts. Exemple dans le secteur de Captieux (Gironde).

La consultation ouverte jusqu'à samedi, accessible dans les mairies concernées par le tracé des futures lignes à grande vitesse (1), porte sur trois points principaux. Le public a l'occasion d'indiquer à Réseau ferré de France (RFF) des éléments qui n'auraient pas été pris en compte dans la conception des projets de tracés : enjeux environnementaux à préserver, objectifs à réaliser lors de la réalisation des tracés, proposition éventuelle de tracés différents.

Ces dernières suggestions doivent rester dans les limites du fuseau de mille mètres tel qu'il a été défini à la rentrée dernière par Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Écologie.

L'avis des élus

À la fin de cette consultation, la parole sera uniquement donnée aux élus girondins concernés par les lignes LGV. Fin janvier, réunis lors d'une commission consultative, ils donneront leur avis sur les « hypothèses de tracés issues de la concertation ». Réseau ferré de France en fera ensuite une « analyse comparative » qui sera de nouveau présentée au printemps devant la commission consultative. Le projet de tracé qui en ressortira devra ensuite être validé en mai par le comité de pilotage. La synthèse qui en ressortira sera communiquée ensuite aux services ministériels.

Si la consultation en cours n'attire pas les foules (lire ci-dessous), le jeu du dialogue avec RFF est néanmoins joué dans certains secteurs depuis plusieurs mois. C'est le cas dans le canton de Captieux. À l'initiative du conseiller général PS Jean-Luc Gleyze, un groupe de concertation a été créé. Il a rapidement dépassé les limites cantonales, puisque les représentants des communes et cantons voisins sont invités à ces réunions en présence des représentants de RFF.

Triangle de Bernos-Beaulac

Élus, représentants d'associations environnementales, des riverains, des sylviculteurs ou encore du service départemental d'incendie et de secours siègent dans le groupe de concertation. Habituellement organisées dans la salle des fêtes d'Escaudes, les séances accueillent des participants en très grande majorité opposés aux nouvelles lignes LGV. Mais qui, comme l'a plusieurs fois rappelé Jean-Luc Gleyze, ont accepté de travailler dans le cas où les projets des lignes Bordeaux/Espagne et Bordeaux/Toulouse se concrétiseraient.

Deux sujets reviennent régulièrement à l'ordre du jour des réunions : la halte SRGV de Captieux et le triangle de Bernos-Beaulac. En juin dernier, c'est à Escaudes qu'a été présenté le projet de Service régional à grande vitesse, qui emprunterait les lignes LGV et dont une halte serait installée à Captieux. Le positionnement de cette halte SRGV est un élément structurant de l'ensemble du tracé. Un consensus se dégage pour l'établir à l'est de la nouvelle A 65.

Selon Pierre Duporté, de l'association Seve, cette halte SRGV, « voulue en Gironde par un faisceau d'élus », a des conséquences essentielles. Notamment celle de placer, un peu plus au nord, sur la commune de Bernos-Beaulac, le triangle formé par la séparation des lignes Bordeaux/Espagne, Bordeaux/Toulouse et Toulouse/Espagne. « Sans la halte SRGV, le triangle pourrait se situer au sud de Captieux, dans une zone quasi désertique », affirme le président de Seve.

En octobre, deux projets de tracés des triangles ont été présentés. Ils en ont fait bondir plus d'un du côté de Bernos-Beaulac.

« On nous laisse le choix entre un impact environnemental majeur, autour de la zone Natura 2000 du Ciron, ou entre un impact humain majeur, avec plusieurs maisons touchées », regrette Pierre Duporté.

S'affranchir du fuseau

Dans le secteur sud-girondin, plusieurs voix s'accordent néanmoins pour trouver des solutions « priorisant les enjeux humains ». Cela consisterait par exemple à une réduction du « triangle infernal », qui selon les dernières présentations par RFF couvrirait 270 hectares. Une solution qui supposerait aussi une réduction de la vitesse des TGV sur ce secteur.

Autre piste régulièrement évoquée, celle d'un positionnement du triangle plus à l'Est, en s'affranchissant des limites du fuseau de 1 000 mètres. Comme le dit Pierre Duporté, ces propositions sont certes « écoutées, mais pas entendues ».

(1) Accessible également sur http://www.gpso.fr/consultation_public.html

Le bras de fer CUB- RFF se poursuit

À la fin du mois, la Communauté urbaine de Bordeaux votera une subvention de 171 millions d'euros pour la LGV Nord. (Bordeaux-Tours). Or, il s'avère que Réseau ferré de France et la CUB ont du mal à s'entendre. En cause, les aménagements et isolations phoniques qui ne suscitent pas l'unanimité. En tête de la fronde : les élus de la rive droite, qui sera impactée par le futur tracé.

Lors d'une réunion qui s'est tenue mardi, Michel Héritié, maire d'Ambarès et vice-président aux infrastructures ferrées et routières de la CUB a déploré l'absence de réponses techniques de RFF. Bref, les tensions qui étaient apparues il y a quelques semaines, - provoquant l'intervention de Vincent Feltesse, président de la CUB - ne semblent pas apaisées. Les visites organisées sur le terrain et autres réunions n'ont a priori pas permis d'aboutir à un accord satisfaisant.

La réunion entre la collectivité et RFF, le 17 janvier prochain en préfecture, sera donc capitale. Avant le vote de cette substantielle enveloppe, les négociations battent leur plein.

Le Sud Ouest du 060111
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