D'importants chantiers de modernisation sont prévus dans le Sud-Ouest en 2012, entraînant de fortes perturbations. Des retards sont d'ores et déjà annoncés.
Autant le dire tout de suite, cela va être compliqué. Dax-Bayonne, Montmoreau-Cenon… Le réseau ferroviaire va connaître de très grosses perturbations en 2012, pour cause de travaux. C'est, en fait, un plan de modernisation sans précédent dans notre pays qui est engagé. Réseau ferré de France (RFF) va investir 13 milliards d'euros dans la rénovation d'un réseau qui en a bien besoin.
Pour la seule région Aquitaine, RFF investira, seul, plus de 300 millions d'euros en une année sur Tours-Hendaye et Bordeaux-Toulouse. À ces travaux sur le réseau des grandes lignes s'ajoute l'énorme effort engagé sur le réseau régional : pont sur l'Adour, Angoulême-Saintes, Bergerac-Sarlat, Pau-Oléron, La Rochelle-Rochefort…
En Poitou-Charentes et en Aquitaine, le trafic TER est en forte augmentation. Mais il faut mettre les lignes à niveau. Les chantiers se poursuivront. D'autant que le projet de « cadencement » à la suisse, c'est-à-dire une plus grande fréquence de trains régionaux aux heures de pointe, toutes les demi-heures voire moins, deviendra réalité en décembre 2011 en Poitou-Charentes et en décembre 2012 en Aquitaine.
Raccordements avec la LGVParmi ces gros chantiers (voir la carte ci-contre) figurent aussi les premières opérations de raccordement des principales villes de nos deux régions (Bordeaux, Angoulême, Poitiers) à la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux, dont la construction va commencer, elle aussi, début 2012. À l'ordre du jour également, les opérations de maintenance usuelle, qui sont parfois lourdes, comme sous le tunnel du Livernan, au sud d'Angoulême. « Nous avons beaucoup trop attendu en France pour engager cette modernisation, ce qui accroît l'ampleur de la tâche », admet Bruno de Monvallier, directeur régional de RFF.
Impossible d'interrompre le trafic. Plus de 180 trains par jour transitent par Angoulême et Bordeaux. Une centaine à Bayonne. Entre Bergerac et Le Buisson, un service de cars sera toutefois proposé au premier semestre 2012.
Chantiers nocturnesPour limiter l'impact sur les circulations, les travaux se dérouleront le plus possible de nuit. Ce qui a deux conséquences directes. Le coût des travaux est d'environ 30 % supérieur en nocturne. Et l'ensemble du trafic fret, c'est-à-dire les trains de marchandises, qui circulent majoritairement la nuit, devra trouver sa place le jour. Les « horairistes », les agents qui vont élaborer une grille d'horaires pour l'année prochaine, s'arrachent les cheveux. On sait déjà qu'il faudra 30 minutes de plus pour aller de Paris à Hendaye. Peut-être même au-delà de 2012.
Le Sud Ouest du 090711