Les travaux de la future ligne à grande vitesse (LGV) Sud-Europe Atlantique (SEA) se précisent de jour en jour. Ainsi, une mare de substitution vient d'être créée sur la commune de Blanzac-Porcheresse.
En effet, la loi sur l'eau et les milieux aquatiques impose au concessionnaire d'éviter, de limiter et de compenser les atteintes du projet sur la ressource et les zones humides.
Dans le cadre des mesures compensatoires, une mare de substitution ainsi que des ornières ont été créées au lieu-dit le Maine Debaud. « D'autres ont été créées à Chaunay, dans la Vienne, ou encore à Sainte-Souline, dans le Sud-Charente, car toutes les mares détruites sont reconstituées », explique Cynthia Contrant, en charge de l'environnement pour Liséa, société qui exploitera la ligne.
« Tout le mal »
Des mares de substitution pour remplacer des sites détruits ou en partie détériorés par le projet qui sont à distinguer des mares de compensation, que le concessionnaire développe le long de la ligne afin de compenser, justement, « tout le mal » fait sur l'environnement.
Liséa se fait aider d'un expert du Conservatoire régional des espaces naturels (Cren) et travaille aussi en étroite collaboration avec Charente nature. « Cette opération ne se résume pas à creuser un trou. Les pentes sont étudiées pour faciliter la reproduction des amphibiens. »
Au Maine Debaud, la superficie de la mare s'étend sur 280 m², avec une profondeur de 1,50 m pour un volume estimé à 230 m³.
L'alyte accoucheur
Un transvasement est prévu dans l'année avec le substrat récupéré dans un réseau d'étangs mitoyens, qui seront asséchés cet été après l'organisation d'une pêche électrique. L'objectif de ce type d'aménagement : permettre la reproduction des amphibiens et la reconstitution d'habitats favorables aux espèces présentes sur site, en substitution des étangs et habitats impactés par le passage de la LGV.
« La mare et les ornières, ajoute Cynthia Contrant, constituent un enjeu fort pour les espèces pionnières comme par exemple l'alyte accoucheur, petit crapaud de la famille des amphibiens. »
Au Maine Debaud, des plantations seront effectuées en complément à l'automne : plantation d'une haie sur talus le long de la route sur 150 mètres, plantation d'un bosquet de 450 m², reconstitution d'une ripisylve (formation végétale aux abords des cours d'eau) après rétablissement d'un petit cours d'eau proche, dévié par le passage de la LGV.
Le Sud Ouest