La SAFER-SOGAP et la chambre d'agriculture main dans la main, c'est une première, pour défendre les intérêts des exploitants agricoles concernés par le tracé de la ligne à grande vitesse.
Un kilomètre de large, et 500 mètres de part et d'autre. C'est le périmètre d'études choisi par Réseau Ferré de France l'an dernier, et validé par l'ex-ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo en octobre dernier à Bordeaux. Dans ce fuseau entrant à Saint-Martin-de-Cureton et sortant à Saint-Sixte, des maisons d'habitations (*), des terres agricoles exploitées aussi.
Sur cette base de réflexion, la chambre d'agriculture de Lot-et-Garonne a fait ses comptes. 800 hectares sont à ce jour concernés et cette superficie doit être réduite quand, à la fin 2011, la bande définitif des 500 mètres sera rendue publique par RFF. 300 agriculteurs ont été approchés par les techniciens de la chambre d'agriculture, elle-même contactée au courant du premier trimestre 2010 par Réseau Ferré de France. « Nous n'entrons pas dans la polémique » prévient Michel de Lapeyrière. « Mais notre rôle est de défendre au mieux les intérêts des agriculteurs dans ce dossier. » L'année prochaine, un « diagnostic plus ciblé » sera effectué « sur chaque exploitation concernée par le tracé. »
Si la chambre d'agriculture connaît bien par définition la terre d'ici, un autre organisme est en charge des acquisitions de foncier dans le département, la Safer (Dordogne, Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne). Hier, Philippe de Vergnette et Michel de Lapeyrière ont signé un partenariat visant à permettre aux agriculteurs qui le souhaitent et qui sont concernés d'utiliser ce service double, payant pour une part. Il est d'ailleurs valable pour d'autres projets liés au transport ou à l'urbanisme, comme la future zone d'activités économiques de Sainte-Colombe-en- Brulhois, près d'Agen. Deux exploitants ont déjà indiqué qu'ils souhaitaient maintenir leur outil de travail, ailleurs.
La LGV passera, dit aussi en résumé le président de la Safer Philippe de Vergnette. « En France, ce sont souvent les meilleures terres qui sont attaquées. Et la vallée de la Garonne n'existera plus à ce titre. Ce projet est prévu d'avance à un moindre coût. » RFF a déjà demandé à la Safer les références de prix des dernières années, et les responsables de cet organisme ont, disent-ils, pris les devants en procédant à un « stockage » de foncier dans les zones concernées. « Dans le schéma d'organisation de l'Agenais (SCOT, N.D.L.R.), la loi fait obligation de connaître l'impact des projets aussi lourds que celui-ci sur l'agriculture.
(*)RFF ne donne aucun chiffre sur le nombre d'arrangements à l'amiable et d'expropriations susceptibles d'être prononcés.
La Dépêche du Midi du 141210