Lundi matin, à la salle des fêtes de Cazalis, s'est tenue la 6e réunion organisée par le Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest. Étaient conviés tous les propriétaires forestiers des communes de Cazalis, Bourideys et Cudos, touchées par le tracé de la ligne à grande vitesse (LGV).
Car la forêt est énormément impactée par ce projet, puisque 280 kilomètres de ligne traverseraient le massif forestier des Landes de Gascogne, avec une emprise de neuf hectares par kilomètre.
« Plus que le mur de Berlin »
« La LGV représente un mur de 280 km dans le massif forestier, c'est plus que le mur de Berlin », annonce amèrement Guillaume Rielland, représentant du syndicat. « Le terrain, c'est quelque chose de très rare qu'il faut protéger », clame une propriétaire.
Or c'est en forêt que le projet coûte le moins cher même si, les études avançant, la commission se rend compte qu'en forêt, elle se trouve très souvent confrontée à des zones aux enjeux forts : au point de vue forestier, environnemental, avec les espèces protégées et les zones classées Natura 2 000. « On gaspille ce Sud-Gironde », déplore quelqu'un dans la salle.
Des propriétaires, qui après le passage de l'autoroute A 65, voient encore leurs propriétés démantelées par la ligne LGV, mais aussi impactées par les réseaux de gaz « dont on ne profitera même pas » ! « On a l'impression d'être envahis de tous les côtés ! »
Pas avant 2013Guillaume Rielland insiste sur le fait que « le syndicat est opposé à ce projet de LGV, mais il faut préparer l'avenir, répondre aux besoins des sylviculteurs et, le cas échéant, le syndicat sera aussi là pour aider les propriétaires à obtenir des indemnités ».
Il rappelle par rapport au déroulement du projet que « la déclaration d'utilité publique ne se fera qu'après les élections présidentielles de 2012, soit courant 2013. Pour l'instant, le projet est à la phase d'études et la commission travaille actuellement sur la comparaison des tracés. Ces hypothèses des tracés doivent être prêtes vers le printemps, pour être soumises au ministère en fin d'année 2011. »
Mais il ne faut pas attendre que « les dés soient jetés » et c'est pourquoi le syndicat vient aujourd'hui rencontrer les propriétaires pour connaître leurs situations, leurs soucis et inquiétudes afin de pouvoir préparer, avec eux, le dossier en toute connaissance de causes.
Le Sud Ouest du 040211