Afin de restaurer l'équilibre des finances publiques, le gouvernement français pourrait renoncer à de nouvelles créer de nouvelles lignes à grande vitesse , estime Jérôme Cahuzac, le ministre délégué au Budget.
Sacrifier des projets de liaisons ferroviaires à grande vitesse (LGV) sur l'autel de la rigueur budgétaire est bien une piste qu'envisage sérieusement le gouvernement, a reconnu mercredi le ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac.
C'est la Cour des comptes qui, son audit publié la semaine dernière, avait levé le lièvre en pointant du doigt les projets d'infrastructures de transport du quinquennat de Nicolas Sarkozy (nouvelles LGV, canal Seine-Nord, Grand Paris). Coût total de la facture : 260 milliards d'euros, dont un tiers à la charge de l'Etat et 38 % pour les collectivités locales (1). Trop cher pour la France qui n'en a pas les moyens, ont souligné les Sages de la rue Cambonen appelant à un réexamen des projets, notamment pour les 14 lignes nouvelles de TGV promises d'ici à 2020 (voir la carte des projets LGV ici), en fonction de leur efficacité et de leur rentabilité socio-économique. Une façon à peine voilée de rappeler que 30% des lignes TGV en service ne sont pas rentables.
Interrogé mercredi sur France 2, Jérôme Cahuzac s'est dit en parfait accord avec ce diagnostic. « Il faudra, je crois que la Cour des comptes a raison, élaguer dans les projets qui ont été proposés (...) Le gouvernement n'aura pas d'autre choix que de renoncer à certaines des options qui ont été privilégiées », a-t-il déclaré. Et d'enfoncer le clou en dénonçant « la politique d'affichage » de la précédente majorité qui « a prévu une multitude de projets sans avoir le début du commencement du moindre financement».
Pour le ministre du Budget, la SNCF devrait plutôt se concentrer sur d'autres missions, comme la qualité du service sur les lignes traditionnelles, ce qui suppose de donner la priorité non pas aux investissements neufs, c'est-à-dire le développement du réseau, mais plutôt à l'entretien du réseau existant. « On peut se demander si prolonger telle ou telle ligne TGV pour un gain de temps marginal est préférable à l'entretien du réseau secondaire de transport ferroviaire, indispensable car utilisé par beaucoup ».
Le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, a annoncé qu'une commission serait désignée pour hiérarchiser les projets et juger de leur faisabilité financière.
(1) Le Schéma national des infrastructures de transports (Snit) établi sous le gouvernement Fillon fixe à 260 milliards d'euros sur 25 ans l'enveloppe nécessaire pour moderniser et entretenir les infrastructures existantes tout en développant de nouvelles installations. Une ambition jugée démesurée par les experts en l'état actuel des finances publiques.POUR ALLER PLUS LOIN TGV : un modèle à réinventer http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/auto-transport/dossier/0201025221560-tgv-un-modele-a-reinventer-289707.php
Les Echos