Les élus et les riverains de la future LGV sont inquiets des futures nuisances engendrées par le projet.
C'est devant une salle copieusement remplie que s'est tenue il y a quelques jours la 6e assemblée générale annuelle de l'association Sauvons Cubzac, en présence du maire Alain Tabone. Après avoir accueilli les participants, le président de l'association Vincent Raynal a rappelé que Sauvons Cubzac suivait de près le dossier du grand contournement, qui revient dans l'actualité régulièrement, et souligné qu'il fallait rester très vigilant sur ce projet.
Mais le gros souci actuel des riverains et des élus concerne la future LGV dont les premiers travaux doivent démarrer au printemps 2012. Ils inquiètent fortement les habitants de la commune, aussi bien à propos des travaux de terrassement eux-mêmes que de l'exploitation de la ligne dans le futur.
L'association, qui suit ce dossier de près depuis le début, et la municipalité vont rencontrer prochainement les responsables de RFF et du concessionnaire Cosea chargé des travaux, car certains points prévus au départ ont changé et certaines promesses ne sont plus tenues.
Un viaduc de 150 mètres
Notamment, la traversée des marais qui devait se faire sur un remblai de 3 mètres de hauteur présentait plusieurs avantages : utilisation d'une partie des gravats du chantier, limitation du bruit, et possibilité de planter une flore et préserver ainsi l'environnement. « Or, précise l'adjoint au maire Jean-Pierre Clavereau, les associations de plaisanciers ont demandé et obtenu que le viaduc sur la Dordogne soit réhaussé de 2 mètres. Outre le fait que cette modification va coûter 5 millions d'euros, il n'est plus possible d'utiliser un remblai, et c'est maintenant un viaduc de 150 mètres de long qui doit être installé dans les marais, amenant beaucoup plus de nuisances sonores et défigurant le paysage. »
Ce projet vient faire monter d'un cran l'inquiétude et la colère des riverains déjà fortement préoccupés par de nombreux points du projet, comme le dynamitage de la roche pour le passage de la ligne, avec des risques de mouvement de terrain. sans oublier les dommages sur certaines habitations, les importantes nuisances sonores pendant les travaux et ensuite lors de l'exploitation de la ligne, un intense ballet de camions de gravats à évacuer. « En effet, précisent les élus, il est prévu une rotation de 50 à 100 camions par jour, soit un toutes les huit minutes, ce qui va causer d'autres nuisances et d'autres risques pour les maisons; et il n'est pas question que ces poids lourds traversent le centre de Cubzac, l'exploitant devra donc trouver une autre solution pour l'évacuation des gravats. »
RFF a promis que les habitations proches de la ligne seraient expertisées avant et après les travaux mais les propriétaires ne semblent pas convaincus par cette promesse.
« Nous allons surveiller de près l'avancement du chantier, a conclu Vincent Raynal, président de l'association mais nous demandons à tous d'être à nos côtés et d'être vigilants. »
« Vous pouvez compter sur le soutien de la municipalité, l'État doit être le garant du respect des engagements pris par RFF et nous allons veiller à ce que la population subisse le moins de nuisances possibles», a ajouté le maire.
Le Sud Ouest