ERDF a lancé, hier, le premier chantier d'enfouissement de ligne, lié à la construction de la ligne à grande vitesse.
Route de Mouthiers, la pelle mécanique a commencé à creuser les premiers mètres d'une tranchée qui courra sur 1 km, jusqu'au pont qui enjambe la voie ferrée.
Une saignée qui a pour but d'accueillir la ligne de 20 000 volts, longue de 800 m, appelée à remplacer la ligne aérienne qui traverse actuellement la voie ferrée et condamnée pour cause de travaux de la future ligne à grande vitesse (LGV).
« Ils vont construire, à cet endroit un pont sur pilotis et la ligne est trop basse. Ou alors, il faudrait un mât de 50 m de hauteur et cela entraînerait des contraintes techniques et financières bien supérieures à celles auxquelles nous sommes confrontées en prenant l'option d'enterrer le câble », expliquait Hervé Cadoret, directeur territorial d'ERDF, lors d'une visite de chantier à laquelle, l'entreprise avait convié les élus du canton de La Couronne, hier.
« Pour le moment, ce n'est pas très spectaculaire, s'excusait-il presque. Cela le sera plus, lorsque nous déposerons la ligne actuelle, (au mois de juin prochain). »
Le premier d'une longue sérieMais, si ERDF avait tenu à provoquer cette rencontre, c'est avant tout parce que ce chantier de La Couronne - il y en aura d'ailleurs quatre autres sur la commune - est le premier d'une longue série de déplacement des ouvrages électriques, liés à la mise en place de la fameuse LGV.
« Il y aura, au total, 350 déplacements sur le tronçon entre Tours et Bordeaux », poursuivait Hervé Cadoret. 180 sur le Poitou-Charentes dont 130 à 140 sur le seul département de la Charente.
« Cela représente 63 km de réseau souterrain et 50 km de réseau aérien, dont 70 % uniquement dans notre département », précisait le responsable d'ERDF. En espèces sonnantes et trébuchantes, cela représente un investissement de 10 millions d'euros sur l'ensemble de la région, 6 millions rien que sur le territoire charentais.
« L'ensemble de ces travaux sont prévus jusqu'à la fin 2013, sachant que 70 % seront réalisés au cours de l'année 2012. » Des travaux concoctés et programmés en étroite collaboration avec la société Coséa, la filiale de Vinci en charge de la construction de la LGV.
« Nos interventions de déplacement des lignes seront toujours réalisées en amont du chantier de la ligne. Il n'est pas question de gêner l'avancée », notait Hervé Cadoret. « Pour nous, la LGV est un train qui doit arriver à l'heure », poursuivait-il dans un sourire.
Avec les locauxSatisfaction supplémentaire pour ERDF, la possibilité de travailler, sur l'ensemble des chantiers avec des entreprises locales.
« Dans ce cadre, nous avons dû lancer un appel d'offres européen. Mais, nous avons eu la bonne surprise de voir que les entreprises de la région ont su se mobiliser et être particulièrement réactives », confirmait Hervé Cadoret. À l'image de la SDEL, qui intervient en ce moment sur La Couronne. « Il était effectivement important pour nous de participer à ces chantiers. D'une part parce que nous sommes au cœur de notre métier (1) et d'autre part parce que nous sommes présents sur le plan local (à Brie) », indiquait Jacques Péron, directeur régional de la SDEL.
Autant de (bonnes) raisons pour ne pas passer à côté de cette manne économique supplémentaire en lien avec la LGV. « Nous allons avoir un surcroît d'activités sur les deux ans à venir », admet Jacques Péron. Et donc davantage de possibilité d'emplois ? « Ce ne sera pas massif. Nous ne sommes pas sur un chantier long de trois ou quatre ans, comme nous en avons connu autrefois. L'idée est plus de former des jeunes, pour anticiper les prochains départs à la retraite. » C'est toujours ça de pris.
(1) La SDEL est spécialisée dans la pose d'installations électriques extérieures.
Le Sud Ouest