L’environnement transcende les partis et s’impose dans la campagne présidentielle de 2012. France nature environnement invite samedi 28 janvier les candidats (François Hollande, François Bayrou, Eva Joly, Dominique de Villepin, Hervé Morin, Jean-Luc Mélenchon, Corinne Lepage…) à s’exprimer sur le sujet lors de son congrès annuel. En préambule, Metro décrypte les enjeux prioritaires de chaque région. Quatrième étape : le Sud-Ouest.
1. Faut-il freiner la LGV ?
Des écolos qui s’élèvent contre les train, c’est rare. Pourtant, le grand projet ferroviaire du Sud-Ouest suscite de vives oppositions. Cette ligne à grande vitesse (LGV) doit relier Bordeaux à Toulouse, d’une part, et Bordeaux à l’Espagne via Hendaye, d’autre part. Le tracé de 420 kilomètres a été définitivement adopté le 11 janvier, et les travaux doivent commencer en 2017.
Pour les défenseurs du projet, la LGV est un formidable moyen de désenclaver le Sud-Ouest en mettant Toulouse à trois heures de train de Paris. Elle a aussi une vertu écologique, en limitant les gaz à effet de serre : selon Réseau ferrés de France, le projet détournerait chaque année un million de personnes de la route et 700 000 de l’avion.
Les riverains et les défenseurs de l’environnement, en revanche, dénoncent un projet ruineux et inefficace. “Selon une étude indépendante, l’aménagement des voies existantes, en supprimant des courbes ou des passages à niveau, coûterait moins de 2 milliards d’euros, contre 7,8 milliards pour la nouvelle ligne, pour une différence de six minutes”, affirme Philippe Barbedienne, directeur de la Société pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest (Sepanso). Les nouvelles voies risquent de fragmenter les espaces naturels et de bloquer le passage de la faune. Des gares seront construites à la place de terres agricoles, dans des zones mal desservies. Jean Sivardière, président de la fédération nationale des usagers de transport juge la LGV Bordeaux-Toulouse “excellente” pour concurrencer l’avion, mais considère que le projet Bordeaux-Espagne est “moins urgent”.
2. L'autoroute Castres-Toulouse décriée
Une enquête publique doit être lancée après la présidentielle sur le projet d’autoroute Castres-Toulouse, comme le prévoit le Grenelle de l’environnement. Comme pour la LGV, les opposants dénoncent un projet coûteux (450 millions d’euros), qui encourage le trafic routier et accélère l’artificialisation des sols.
3. La réintroduction de l'ours en suspens
En juin dernier, le gouvernement a renoncé à réintroduire un nouvel ours dans les Pyrénées, pour ne pas rajouter aux difficultés des éleveurs frappés par la sécheresse. Mais les associations ont dénoncé une décision électoraliste, destinée à s’assurer les voix des agriculteurs. Selon une étude Ifop, 76% des Français sont attachés au maintien des ours dans les Pyrénées.
4. Une gestion exemplaire du bois
La scierie Labrousse, à Préchac (Gironde), est un modèle de PME dynamique et écologique : elle approvisionne des clients locaux avec des espèces de la région, comme le pin maritime. Alors que la forêt recouvre un tiers du territoire français, la filière bois est déficitaire, faute d’acteurs compétents sur le marché.
5. Dépolluer les mines d'uranium
Entre 1948 et 2001, la Cogema, puis Areva, ont exploité plus de soixante-dix mines d’uranium dans le Limousin, à des fins militaires puis civiles. L’association Sources et rivières du Limousin réclame la dépollution de ces anciens sites miniers, qui contiennent toujours des résidus de déchets
radioactifs et des produits chimiques.
Retrouvez la carte des enjeux de la campagne sur le site de France Nature Environnement www.fne.asso.fr.
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