De nombreux élus manifestent lundi à Bordeaux, où sera présenté le fuseau de 500 mètres de la LGV.
Deux bus sont d'ores et déjà affrétés. Soixante-dix à quatre-vingt élus du Pays basque y embarqueront lundi pour aller manifester en écharpe tricolore à Bordeaux devant la préfecture de Région. Ils sortiront les banderoles au moment où le comité de pilotage du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest présentera le fuseau de 500 mètres de large où doit passer cette portion de LGV qu'ils estiment injustifiée, entre Bayonne et la frontière.
Au nom des élus du Pays basque, les présidents des Communautés de communes concernées, Errobi, Nive-Adour et Sud Pays basque (Paul Baudry, Roland Hiririgoyen et Michel Hiriart) et le conseiller général de Saint-Pierre-d'Irube, Alain Iriart, redemanderont « l'arrêt immédiat des études et l'abandon du gel du tracé en Pays basque. »
Roland Hirigoyen président de la Communauté de communes Nive-Adour rappelle au passage les propos tenus dans nos colonnes par la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet (notre édition de lundi). « Elle a dit qu'on ne fera pas une LGV contre la volonté des élus. Il faut que nous montrions que nous sommes toujours motivés par cette action symbolique d'opposition. »
Chères minutes gagnées
Les conclusions des deux études de Citec (1), financées par les trois Communautés de communes à hauteur de 11 000 euros l'une, viennent de tomber. Elles les confortent dans leur position. Les rapports commandés au cabinet indépendant Suisse portaient sur les comparaisons des temps de parcours en cas de réalisation ou non du projet de LGV au Pays basque et sur la compatibilité des projets entre la France et l'Espagne.
Selon l'étude, le temps de trajet pour les liaisons locales (Bayonne-Saint-Sébastien) serait identique. Le gain serait de temps serait de 14 minutes sur les liaisons longues distance (Paris-Madrid ou Bordeaux-Bilbao) une fois l'Y basque espagnol et la LGV entre Paris et Bayonne réalisés. « Nous nous interrogeons sur l'intérêt d'un investissement de 2 milliards dans ces conditions pour une dizaine de trains par jour ne s'arrêtant pas au Pays basque », insistent les élus.
Le rapport note qu'une fois tous les travaux réalisés en Espagne, le réseau pourra accueillir au maximum 124 trains quotidiens de fret en provenance de France, alors que les voies existantes de ce côté de la frontière pourront en accueillir 250. Ils en concluent que la construction d'une voie nouvelle « n'est justifiée ni par la saturation des voies, ni par le gain de temps » et réaffirment que la meilleure option demeure « la modernisation et l'insonorisation des voies existantes ».
(1) Les rapports complets sont en ligne sur ccspb.fr et sur nive-adour.com
Le Sud Ouest