A peine esquissée, encore hypothétique, elle alimente déjà les craintes et les inquiétudes. Serpent de mer émergeant à nouveau en terre narbonnaise, la future Ligne Grande Vitesse effraie une bonne partie de la population locale… tout du moins dans les villages situés à proximité du tracé potentiel. Si Cuxac est déjà monté au créneau ces dernières semaines, des interrogations s'expriment ainsi également à Moussan, commune concernée par l'un des possibles tracés. Hier, le maire mais aussi l'Agglo ont donc tenu à mettre les choses au point.
Des garanties de l'Etat et de RFF
« J'entends dire tout et n'importe quoi », s'exclame en effet Jean-Paul Schembri, le premier magistrat. « Un tunnel passant sous le Plana, la destruction annoncée d'une chapelle moussanaise, le fait que j'aurais déjà signé pour le passage du TGV dans le périmètre de la commune… » Non content de démentir toutes ces rumeurs, l'élu s'empresse d'apporter des garanties à ses concitoyens. « J'ai assisté avec mon adjoint Henri Olive à toutes les réunions sur la LGV organisées par RFF. Or à l'occasion de la dernière en date (le 26 janvier, ndlr) , le préfet nous a clairement assuré qu'en cas de validation de ce tracé, la LGV serait autorisée à traverser la zone de faible aléa industriel de Malvezy ». Elle se situerait alors à 3 km de Moussan : « On est bien loin de notre chapelle ! »
Soucieux de rassurer à grande échelle, José Perera rebondit et élargit le débat au-delà des seules considérations moussano-moussanaises… avec quand même un gros clin d'œil en direction de Cuxac. « Le préfet et RFF ont été catégoriques sur un autre point », affirme ainsi le vice-président du Grand Narbonne délégué à l'aménagement de l'espace communautaire. « Jamais ils ne laisseront réaliser un ouvrage qui ajouterait un seul centimètre d'eau en cas d'inondation. Pour eux aussi, il est hors de question d'aggraver le ruissellement des eaux et de mettre en péril la sécurité de la population ».
Mais si les élus moussanais croient en la parole de l'Etat, ils soulignent toutefois garder leurs yeux grands ouverts. « Nous nous battrons notamment pour que le TGV passe le plus loin possible des vignes et des terres agricoles », indique Henri Olive, déterminé. « Remettre en question le projet LGV tout entier n'est pas un bon combat », poursuit pour sa part Jean-Paul Schembri. « Le bon, le vrai combat, c'est de lutter par exemple pour que la ligne passe le plus loin possible des habitations. Que ce soit à ce niveau ou au sujet de la transparence hydraulique, nous serons vigilants et n'hésiterons pas à monter au front s'il le faut ». Le message à l'adresse des Moussanais est donc sans équivoque : « Ils ont des élus responsables, attentifs, qui ne braderont pas les intérêts de leur village ». Prendre le TGV, oui, mais si tout est sur de bons rails.
L'Indépendant du 040211