Pour Jean-François Copé la modernité d'une société se mesure à la place qu’elle accorde aux femmes.
« Vraiment je pensais que la loi Copé-Zimmerman était une mauvaise loi parce je considérais qu’il n’y avait aucune raison qu’une femme, de par ses qualités, ne puisse pas accéder à des responsabilités. Mais non, c’est faux ! Notre société ne le permet toujours pas et cette loi a permis, par l’obligation, d’avancer et de donner une visibilité à la femme dans la société. C’est en ce sens que cette loi est utile ».
Par son témoignage, Valérie Hoffenberg, par ailleurs secrétaire nationale de l’UMP en charge des relations avec les clubs politiques, think-tanks, et partis de l’étranger, touchait du doigt le coeur de la problématique posée par l’UMP à l’occasion d’une nouvelle convention dans le cadre de la préparation du projet 2012 pour la Présidentielle : la place des femmes dans la société.
Son témoignage comme celui de nombreux autres intervenants (féminins et masculins) soulignait le paradoxe entre une France prometteuse pour l’avenir professionnel des femmes (meilleurs résultats scolaires et universitaires que les hommes) et une France qui, dans sa réalité, son fonctionnement, reste dominée par les hommes. Ce qui se traduit au quotidien par une sous-représentation des femmes dans les responsabilités politiques, professionnelles, managériales et une sur-représentation dans la précarité (82% des temps partiels).
« Le sexisme et les stéréotypes sont encore bien en place », remarque Brigitte Grésy, inspectrice générale des Affaires sociales. « Au-delà d’une forme de discours moderne, il y a une invisibilité orchestrée des femmes dans les médias », note-t-elle, prenant l’exemple de la télévision qui ne fait apparaître à l’écran qu’1/3 de femmes contre 2/3 d’hommes. « Les femmes sont des adjuvants alors que les homme sont des experts » remarque-t-elle en ciblant l’enjeu fondamental selon elle : la déspécialisation des rôles des hommes et des femmes.
Une déspécialisation qui aurait le mérite de remettre la société en équilibre car à l’invisibilité des femmes dans le monde professionnel pointée par Brigitte Grésy, François Fatoux, délégué général de l’observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises, oppose l’invisibilité des hommes … dans la sphère privée.
La faute à des freins culturels : culture machiste persistante, absence de toute remise en cause d’habitudes, constance des stéréotypes auxquels l’UMP compte bien s’attaquer.
Nos armes pour lutter contre les inégalités professionnelles et salariales, pour permettre aux femmes d’accéder aux postes à responsabilité, pour tendre vers la parité politique mais également pour lutter contre le fléau des violences (physiques et psychiques) faites aux femmes : l’information (de la maternelle aux entreprises), la pédagogie et l’action (par des décisions politiques volontaristes et ciblées).
L’action c’était notamment l’objet de la loi Copé-Zimmermann votée en janvier dernier qui a été un véritable déclencheur et « qui permet par le haut de faire rentrer les femmes aux conseils d’administration des grandes entreprises », explique Marie-Jo Zimmermann, députée de la Moselle et secrétaire nationale en charge des Droits des femmes… En modifiant ainsi la composition des instances de décision, de nouvelles thématiques - dont la cause des femmes- pourront ainsi être abordées. Et permettront ainsi, par effets induits, à la société entière d’évoluer vers la modernité.
Raison pour laquelle l’UMP, dans ses propositions, après les avancées obtenues par notre majorité, souhaite élargir la loi du 27 janvier 2011 aux conseils d’administration d’établissements et d’entreprises publics pour une représentation plus équilibrée des femmes et des hommes (au moins 40% de femmes d’ici 2018) . Mais également d’obliger les administrations à employer 40% de cadres supérieurs de l’un ou de l’autre sexe d’ici 2015.
Ces avancées et les propositions que l’UMP fait sur une thématique où le PS est complètement absent induisent « une conception différente de la société » considère Jean-François Copé pour qui « le regard de la société doit changer. La réorganisation de la vie de notre société, ne pourra pas se faire sans les hommes ». Aux hommes de mieux prendre en compte leur vie familiale, de consacrer un peu plus de temps à leurs enfants, de considérer les femmes en leur permettant d’accéder à des postes de responsabilité, à des filières jusque là réservées aux hommes…
Un véritable enjeu de société qui touche au plus profond le fonctionnement de notre société et pour lequel « nous devons passer à l’acte 2 de la parité » note Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale , qui fait sienne les propositions de l’UMP : étendre la parité aux organisations syndicales, aux Conseils de prud’hommes, Chambres de commerce et d’industrie, Chambres de métiers. « En portant des propositions aussi fortes, nous aurons fait avancer la situation des femmes dans notre société », assure Roselyne Bachelot.