Carlo Secchi, coordonateur pour l'Europe, a porté la parole de Bruxelles lors du huitième forum transfrontalier « Atlantic logistic forum ».
Le ministre des transports du gouvernement basque, Iñaki Arriola, n'est finalement pas venu à cette huitième édition du « Atlantic logistic forum » qui se tenait hier à la Chambre de commerce et d'industrie de Bayonne.
Orientation ferroviaire pour cette réunion qui, toute la journée, a détaillé l'intérêt d'un corridor atlantique multimodal pour les transports de marchandises. Les exécutifs du gouvernement basque et de la Région Aquitaine réunis au sein de la plate-forme logistique Aquitaine-Euskadi (PLAE) ont rappelé l'atout que serait cette ligne à grande vitesse pour compléter les infrastructures portuaires.
À leurs côtés, Carlo Secchi le coordonnateur européen pour le projet prioritaire d'axe ferroviaire à grande vitesse du sud-ouest de l'Europe, a insisté sur le point de vue de Bruxelles.
« Mon message, en venant à Bayonne, c'est qu'il ne faut pas se focaliser sur la dimension locale de la LGV. L'Europe va mettre beaucoup d'argent sur la table pour améliorer les échanges du point de vue global mais cela apporte aussi beaucoup localement. On a vu dans les Alpes comment la création de grandes infrastructures comme les tunnels ont développé les régions situées à proximité. »
Déficit de communicationLe coordonnateur estime que le déficit de communication, pour montrer les bénéfices d'une infrastructure ferroviaire, porte tort au projet. « Il faut montrer les bénéfices sur le plan économique et environnemental. Nous devons convaincre. »
Début septembre, le ministre chargé des Transports, Thierry Mariani, a promis aux opposants que les travaux d'une ligne nouvelle ne seraient pas réalisés avant la saturation du trafic sur la ligne existante (2025-2030).
Pour Carlo Secchi, il convient de ne pas prendre le problème par ce bout-là. « La saturation des voies existantes est annoncée à des dates lointaines. Il ne faut pas attendre d'en être rendu-là. La sagesse, c'est d'anticiper et pour cela, la bonne méthode, c'est de se préparer en amont. »
Points d'attraction« Il est erroné de se baser sur des calculs et des hypothèses d'une date de saturation. Il faut partir des contraintes financières et environnementales. Pour l'environnement, c'est la congestion des autoroutes qui nous préoccupe avec 10 000 camions par jour sur cet axe. Et cela va en augmentant, même si la crise a un peu ralenti le rythme. La crise passera. D'où la nécessité de développer le maritime et le ferroviaire. Dans cette zone atlantique, les ports sont déjà des points d'attraction, il faut penser en terme multimodal », assure-t-il.
Le coordonnateur est allé sur le chantier de la future voie en Espagne. En France, il s'est rendu sur le fuseau du tracé.
« Nous avons rencontré les opposants mais nous devons raisonner en tenant compte du doublement du canal de Panama, de la forte demande de l'Espagne et du Portugal. Ne focalisons pas sur la dimension locale ! »
Le Sud Ouest