Coup de tonnerre hier au conseil général de Lot-et-Garonne. Pierre Camani, le président (PS) et sa majorité politique, refusent désormais de participer au financement de la ligne à grande vitesse (LGV) pour les tronçons entre Bordeaux et Toulouse, mais aussi pour le tracé entre la capitale de l'Aquitaine et l'Espagne.
Depuis quelques mois, une partie des conseillers généraux de cette même majorité s'interrogeaient à voix haute et une partie d'entre eux, minoritaire, avait en vain dit non au financement, à hauteur de 34 millions, de la LGV entre Tours et Bordeaux. Plus récemment, les quarante conseillers généraux avaient découvert les conclusions d'une étude qui compare la LGV et l'aménagement de voies TGV, moins rapides, sur les lignes existantes.
Pour justifier sa décision, Pierre Camani démontre, chiffres à l'appui, que le Lot-et-Garonne n'a plus les moyens de financer les 90 à 100 millions d'euros qui pouvaient lui être demandés après l'enquête publique, qui doit débuter en 2013 pour finir aux portes des élections locales et des conseillers territoriaux en 2014. S'il reste persuadé de l'intérêt de la LGV pour « l'attractivité » de son département, Pierre Camani attend que son initiative soit suivie « et qu'elle fera comprendre à l'Etat et RFF qu'il y a d'autres solutions que l'asphyxie des collectivités territoriales sur ce projet qui ne relève pas de leurs compétences. »
Le Lot-et-Garonne n'est pas le premier département à faire marche arrière. A la fin janvier, le Gers est revenu sur sa participation financière 2012 au financement de la LGV. Plus au nord, la région Poitou-Charentes a également dit non à un engagement financier pour ce projet, qui n'est pas attendu avant 2020 au minimum. Dans quelques semaines, il est prévu que Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre des transports, valide le tracé LGV présenté en janvier.
La Dépêche du Midi