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Le financement de la LGV Sud-Ouest encore sous la menace des élus

TGV_1210.jpgLe refus du Lot-et-Garonne de financer la future LGV au sud de Bordeaux provoque l'ire des Midi-Pyrénéens qui menacent d'arrêter le paiement sur Tours-Bordeaux.

Avant de poursuivre son chemin vers l'Espagne et Toulouse depuis Bordeaux, la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (SEA) doit d'abord arriver à Bordeaux. Une logique a priori imparable pourtant mise à mal alors même que les travaux sur le tronçon entre Tours et Bordeaux démarrent. En effet, ce projet de 300 kilomètres de voies nouvelles et quelque 8 milliards d'euros, ayant pour objectif de mettre Bordeaux à 2 heures de Paris pour 2017, a été financé à hauteur de 22 % par les collectivités. Au premier rang desquelles la région Aquitaine avec 306 millions d'euros, ainsi que Midi-Pyrénées mais pas Poitou-Charentes qui a refusé de payer.

Martin Malvy, le président PS de Midi-Pyrénées n'a, depuis le départ, lié sa participation au projet Tours-Bordeaux que s'il avait la certitude de voir ensuite la ligne se poursuivre vers Toulouse. Le tracé de ce projet baptisé Grand Projet du Sud-Ouest (GPSO), compte, avec sa branche vers l'Espagne, 410 kilomètres de voies nouvelles. C'est ce deuxième projet, dont le coût est estimé à quelque 13 milliards d'euros, que le Lot-et-Garonne refuse désormais de financer, de 90 à 100 millions d'euros lui étant demandés. Après une lourde charge contre la politique du gouvernement accusé « d'asphyxier les finances départementales » et la nécessité « de réduire nos dépenses et nos capacités d'investissement », Pierre Camani, le président PS du département, a estimé en outre que cette infrastructure ne « relève pas de nos compétences ». Pierre Camani ne remet cependant pas en cause la participation de son département (34 millions d'euros) à la construction de la ligne Tours-Bordeaux.

« On ne peut arrêter un tel projet »

Alain Rousset, président socialiste du Conseil régional d'Aquitaine et fervent défenseur du projet, a évidemment estimé qu' « on ne peut arrêter un tel projet, sinon le sud-ouest de la France sera la seule région d'Europe qui n'aura pas de ligne à grande vitesse ». Martin Malvy, ferme soutien, lui, du TGV Sud-Ouest qui mettra Toulouse à 3 heures 10 de Paris au lieu de 5 heures 20, n'a eu de cesse de convaincre les autres collectivités de Midi-Pyrénées de participer au financement du tronçon Tours-Bordeaux, préalable à la poursuite de la ligne jusqu'à Toulouse. Du coup, il a très mal pris, lundi, le refus du Lot-et-Garonne, dans l'Aquitaine voisine.

L'Etat a demandé aux collectivités de Midi-Pyrénées de cofinancer à hauteur de 280 millions d'euros Tours-Bordeaux, avant d'apporter 900 millions pour la portion suivante Bordeaux-Toulouse, qui doit ouvrir en 2020. « S'il y a rupture du contrat qui fait de Tours-Bordeaux-Toulouse un tracé unique, pourquoi les collectivités de Midi-Pyrénées continueraient-elles à payer, si déjà des collectivités locales d'Aquitaine font savoir qu'elles se retirent ? », a estimé Martin Malvy. La construction du barreau Bordeaux-Toulouse ne devant commencer qu'en 2017, il menace de stopper les paiements pour Tours-Bordeaux.

Outre le Conseil régional de Poitou-Charentes (95 millions lui étaient demandés), le Conseil général des Deux-Sèvres et l'agglomération de Niort (30 millions) qui ont refusé de participer, plusieurs collectivités de Midi-Pyrénées ont également déjà refusé de financer la portion de LGV entre Tours et Bordeaux : le Tarn, le Lot et l'Aveyron (7 millions au total) qui jugent qu'ils sont trop éloignés de la ligne. Le département des Hautes-Pyrénées et le Grand Tarbes ne veulent payer que la moitié de leurs contributions respectives et demandent son prolongement jusqu'à Tarbes.

Les plus gros contributeurs de Midi-Pyrénées (conseil régional, Haute-Garonne, Grand Toulouse,...) ont signé en 2011 la convention de financement de la LGV Tours-Bordeaux. Mais ces collectivités ne paieront que 70 % de la somme si la déclaration d'utilité publique (DUP) du barreau Bordeaux-Toulouse n'est pas lancée en 2014.

 Les Echos 
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