Séance houleuse, hier, pour les élus des 14 communes de l'Agglomération. Au final, excepté une, les délibérations ont été adoptées à l'unanimité. Dès la fin de la chronique de la présidente de l'Agglomération, Martine Lignières-Cassou, on a senti poindre, hier soir, des questions qui n'auraient pas directement à voir avec l'ordre du jour du Conseil communautaire consacré notamment aux orientations budgétaires. Pour les élus, toutes les occasions sont bonnes pour se dire les choses. Ou se redire les choses.
La question du financement de la LGV revint irrémédiablement sur le tapis par l'intervention de Monique Sémavoine, maire de Mazères-Lezons (candidate Forces 64 aux cantonales). « Lors de votre déplacement à Bruxelles, avez-vous obtenu les garanties à propos de la desserte du Béarn par la LGV ? » La présidente répondit de bonne grâce. « C'est aux gouvernements français et espagnol (pour la Pau-Canfranc) de déterminer s'il faut activer un programme européen. Nous avons appris que se discute d'ici fin février une carte des réseaux européens ferroviaires. Avec Alain Rousset, nous avons demandé un rendez-vous à Nathalie Kosciusko-Morizet et Thierry Mariani. »
Tout au long de la séance, la LGV est revenue sur la table par l'entremise notamment du communiste Olivier Dartigolles qui souhaite que les élus « rediscutent du financement ». Il aimerait que l'Agglo, qui a voté l'octroi d'une participation de 5 millions d'euros, « change de stratégie » et résiste comme la région Poitou-Charentes ou les Landes. Ce ne sera pas le seul sujet de ses interventions jusqu'à ce que la présidente décide d'en finir et de couper le micro au moment ou l'autre élu communiste, Michel Aguer, allait évoquer la route Pau-Oloron. Il voulait proposer de rediscuter des statuts du syndicat mixte d'études. De rage, les quatre élus communistes quittèrent la salle.
La salle s'est d'ailleurs peu à peu vidée après le débat - qui s'est transformé en monologue d'Alain Lavignotte, délégué aux finances - sur les orientations budgétaires. Une désertification des lieux qu'a déplorée l'élu de Pau (Pau avant tout) Alain Arraou. Il est vrai qu'à force d'interventions systématiques, la séance a tiré en longueur. Du coup, les délibérations suivantes ont été expédiées, ce qui n'était pas non plus satisfaisant. Alain Jubault-Bregler l'a d'ailleurs fait remarquer. Il pensait aux citoyens internautes, branchés sur le Conseil, qui resteraient sans doute sur leur faim.
Périmètre élargi ?Alors de quoi a-t-on vraiment parlé lors de cette séance ? Des 44 millions pour les dépenses d'équipement (médiathèque, porte des gaves, parc naturel urbain…) et de l'élargissement du périmètre de l'Agglo « imposé » par l'État, selon Jean-Yves Lalanne, le maire de Billère. Jean-René Bellocq, élu à Lons, appelle à la « prudence pour ne pas aboutir à une usine à gaz ». Martine Lignières-Cassou a invité les élus, avides de pouvoir en parler, à venir débattre de ce périmètre le 5 mars prochain, lors d'une réunion de travail.
Concernant les transferts de compétences à l'Agglo, seul le même Jean-René Bellocq a émis des réserves notamment sur la petite enfance qu'il estime être « un service de proximité ». Jean-Yves Lalanne a voulu le rassurer : « Ce n'est pas une course effrénée aux transferts. Sur l'enfance, certaines communes ont des moyens que d'autres n'ont pas. La création de crèches permettrait à tout le monde d'en profiter ».
Enfin, la délibération autorisant l'expérimentation d'huile végétale dans les véhicules de l'Agglo a provoqué une scission avec les élus à la fibre environnementale. Trois élus se sont abstenus (Nicole Juyoux, Bernard Laclau-Lacrouts et Michèle Laban-Winograd) et deux ont voté contre (Alain Arraou et Danièle Iriart).
Le Sud Ouest du 110211