D'ici fin 2030, les habitants des tours Sellier à Cenon verront passer jusqu'à 500 trains quotidiens (au lieu de 250 aujourd'hui) de très près. Mais ce sont les nuisances sonores qui inquiètent le maire, comme nombre d'élus de la rive droite. « Plus personne ne voudra venir ici », se désole Alain David, le maire PS dont 26 de ses administrés ont déjà été expropriés pour permettre le doublement des voies nécessaire à l'arrivée de la ligne à grande vitesse (LGV), en 2016.
« Des propositions inacceptables »
Hier, des élus ainsi que les responsables de Réseau ferré de France (RFF), propriétaire et gestionnaire du réseau, ont fait le tour des secteurs concernés par l'arrivée de la LGV, en bus. Bien que de nombreux « points noirs bruit » aient été identifiés par RFF, les mécontentements demeurent. A Lormont, notamment, la situation semble ubuesque : la construction de murs antibruit est en cours du côté du pôle éducatif Paul Fort. Et de l'autre côté de la voie, où viennent d'être livrés des immeubles d'habitation, il n'y a rien. « Ce qui est proposé est inacceptable, s'insurge Jean Touzeau, le maire socialiste, on ne peut pas me demander de lutter contre l'étalement urbain et ne pas prendre les mesures nécessaires pour protéger les populations, il faut revoir la copie. »
RFF rappelle aux élus, qui demandent la continuité des protections phoniques, que les projets sont directement liés aux financements de l'Etat et des collectivités. « On ne peut pas mettre des murs antibruit partout, précise James Soldevila, chargé de projets à RFF, nous devons différencier les urgences ». Sur la LGV, parmi les dix zones identifiées, trois murs antibruit sont financés (Lormont et Bassens). Les élus n'ont pas manqué de dénoncer la non-prise en compte des projets urbains comme les cascades de Lormont, par exemple." 20 Minutes Bordeaux du 201010