La négociation sur les nouveaux horaires des TGV et des TER demeure âpre, mais elle avance. On en parlait, avant-hier, à Poitiers. Le point.
Plus qu'un mois avant le grand chambardement… Le 11 décembre, les horaires de 15 000 trains en France seront modifiés, afin de faire face à une multitude de chantiers sur un réseau de 30 000 km jugé vieillissant et fragile. Ici, en Charente, le sujet est éminemment sensible. Les élus considèrent que la desserte de la gare d'Angoulême sera très dégradée. De rage, Michel Boutant (PS), président du Conseil général, Philippe Lavaud (PS), président du Grand-Angoulême et Robert Richard (PS), président de la Communauté de communes de Cognac, ont suspendu leur participation financière au chantier de la ligne à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux.
Depuis fin septembre, d'âpres négociations ont été entamées avec Réseau ferré de France (RFF) et la SNCF. La dernière réunion s'est tenue avant-hier, à Poitiers, à l'initiative d'Yves Dassonville, le nouveau préfet de la région Poitou-Charentes. Parmi les participants, on trouvait Bruno de Montvallier, le directeur régional de RFF, et Pierre Boutier, le patron de la SNCF en Aquitaine et Poitou-Charentes.
Le train fait partie de leur quotidien et ils ne sont pas contents ! Sur le site www.debats.sncf.com, des usagers de la SNCF (notamment charentais) se plaignent des nouveaux horaires qui seront en vigueur dès le 11 décembre. Voici un florilège de leurs coups de gueule…
Sylvie est confrontée à la suppression du Libourne-Angoulême de 7 h 24. Elle s'inquiète pour l'avenir professionnel de son mari, qui prend ce train tous les matins. « Maintenant, comment faisons-nous ? On démissionne ? On déménage ? Ébranler une famille de cette manière est tout à fait inacceptable. »
De son côté, Éric s'emporte : « Il n'y a aucun TGV pour Paris au départ d'Angoulême entre 8 h 10 et 12 h 08. C'est une nette régression par rapport à ce qui existait ! »
Frédérique s'interroge : « Je constate que pour le moment, il n'est pas prévu de départ de TGV à partir d'Angoulême, avec arrêt à Poitiers, entre 7 h 36 et 14 h 08 […]. Et si un TGV est prévu après 7 h 36, sera-t-il ouvert aux abonnés TER ? »
Et Sébastien de suggérer, un peu taquin : « Comment se faire entendre ? Faire comme les cheminots et manifester sur les voies ? Pour une fois, on inverserait les rôles ! »
Selon nos informations, cette rencontre fut bavarde, parfois confuse, mais plutôt constructive. « Lorsque la question de la desserte d'Angoulême fut abordée, les échanges furent un peu plus tendus », nous rapporte l'un des auditeurs. « Oui, ça s'est un peu gâté lors de l'examen des horaires, mais le débat a néanmoins avancé », précise l'écologiste Françoise Coutant, vice-présidente du Conseil régional.
Si aucune grille n'a été communiquée, si aucun document officiel n'a été distribué, RFF et la SNCF auraient formulé « d'intéressantes propositions », notamment sur la question des TGV du matin pour Paris-Montparnasse et sur la liaison entre Bordeaux, Libourne et Angoulême.
Michel Boutant s'est montré très ferme sur les trains directs à destination de la capitale. Il aurait obtenu un TGV Paris-Angoulême le soir. Par ailleurs, un Angoulême-Paris le matin serait à l'étude pour le deuxième semestre 2012 (après une première vague de chantiers).
Toujours selon nos informations, Michel Boutant doit désormais se rapprocher de ses collègues Philippe Lavaud et Robert Richard. Vont-ils, en signe d'apaisement, renoncer au gel de leur participation financière au chantier de la LGV ? Les prochaines discussions seront décisives. Elles s'engagent sur de bien meilleurs rails.
Le Sud Ouest