Pas trop de voyageurs en perdition, mais des difficultés persistantes sur certaines lignes régionales et interégionales et une grève des billets au Mans. Le Big bug des horaires de trains n'a pas eu lieu. Selon le patron de la SNCF Guillaume Pepy, le taux de ponctualité s'est même amélioré de 5% avec la nouvelle grille horaire et le déploiement des trains cadencés.
Si un certain nombre de clients de la SNCF regardent maintenant passer les trains sans pouvoir monter dedans, en particulier sur différentes lignes régionales et interrégionales (Bordeaux-Marseille et Strasbourg-Lyon), où "de nombreux voyageurs sont encore confrontés à de sérieuses difficultés", constate l'Association nationale des usagers du transport (Fnaut), le chamboulement de 85% des horaires de trains n'a pas provoqué de grosse panique.
Quatre millions de passagers empruntent chaque jour le réseau ferré français.
La Fnaut qui s'est déclaré en faveur des horaires cadencés et considère que la remise en cause de la grille horaire se justifie par les travaux de rénovation du réseau ferré vieillissant, a ouvert un forum pour recueillir les témoignages des voyageurs.
La bascule s'est faite dimanche 11 décembre, mais le vrai test, c'était le lendemain, lundi 12 décembre. Selon la SNCF, cette journée s'est déroulée sans anicroche majeure sur le réseau ferré malgré des TGV retardés par un incident de signalisation, et quelques manifestations d'usagers mécontents.
"Oiseaux de mauvais augure"
Le président de la compagnie ferroviaire Guillaume Pepy s'est félicité lors d'une conférence de presse lundi en fin d'après-midi, du taux de ponctualité de 95% des 7 975 trains ayant circulé dimanche. Soit mieux que les 90% de la grille précédente (la SNCF considère qu'un train est à l'heure lorsque son retard ne dépasse pas cinq minutes).
Le taux n'était pas disponible à ce stade pour le service du 12 décembre, au cours duquel devaient circuler 15 600 trains, soit 200 de plus par rapport au service qui s'est achevé le 10 décembre (150 TER et 50 TGV de la nouvelle ligne à grande vitesse Rhin-Rhône).
Au regard de la situation lundi en fin d'après-midi, "le grand chambardement s'est passé correctement et les oiseaux de mauvais augure seront déçus", a relevé le ministre des Transports Thierry Mariani, lors de la même
conférence de presse.
Il a félicité les personnels de la SNCF et du gestionnaire Réseau ferré de France (RFF) pour avoir mené à bien cette "opération délicate" qui a consisté à modifier d'un coup près de 100.000 horaires.
Outre l'incident sur une ligne TGV lié à un problème de signalisation, cinq trains ont été bloqués par des manifestants en gare de Dordive (Loiret), sur l'axe Clermont-Ferrand-Paris, et 2 TGV ont été retardés au départ d'Angoulême où une trentaine d'usagers et une cinquantaine d'élus et syndicalistes ont protesté contre les changements d'horaires et notamment la suppression de trois TGV desservant la ville. Sur le quai, ils avaient déployé banderoles et pancartes proclamant, entre autres, "SNCF tu dérailles".
Grève des billets
Selon un porte-parole de Réseau Ferré de France (RFF), il s'agit des deux seules manifestations ayant perturbé la circulation des trains lundi matin tandis que des "incidents liés à l'exploitation classique" du réseau ont été
répertoriés.
Mais des dizaines d'abonnés de la ligne Le Mans-Massy ont observé une "grève" de présentation des billets, a indiqué Michel Pottier, président de l'Association des voyageurs usagers des chemins de fer (Avuc), dont le site bigbang.bigbug a recueilli "plus de 1 000 doléances".
L'association qui estime que "12%" des quatre millions de voyageurs empruntant chaque jour le réseau SNCF sont lésés par le changement d'horaire appelle à poursuivre la grève des billets.
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