LGV. Les associations appellent aujourd'hui à une manifestation anti-LGV à Hendaye tandis que les partis politiques en campagne se divisent sur le projet

En pleine campagne électorale régionale, la mobilisation contre les lignes à grande vitesse (LGV) est devenue un enjeu politique.
Aujourd'hui, à Hendaye, les opposants à ces nouvelles infrastructures comptent profiter de l'extrême sensibilité des habitants du Pays basque à tout ce qui peut porter atteinte à leur territoire. Ils espèrent ainsi rééditer aujourd'hui le succès de la manifestation de Bayonne qui avait rassemblé près de 12 000 personnes le 17 octobre.
Les associations de protection de l'environnement, les comités de défense des riverains, qui appellent à la manifestation, ne sont plus les seuls à faire entendre leur voix. Ils sont désormais relayés par les partis politiques, déjà lancés en campagne.
Les membres d'associations venus de la France entière mais aussi d'Espagne et d'Italie participeront ce matin à un forum avant de manifester, l'après-midi, avec les politiques et les sympathisants de ce mouvement.
Verts en tête
Les Verts, encore divisés sur la question il y a quelques mois, sont désormais unis contre tout projet de LGV, où qu'il soit, et la liste Europe écologie en Aquitaine appelle donc à la manifestation, tout comme le NPA, les partis basques Abertzale, français comme espagnols, jusqu'à Jean-Jacques Lasserre, conseiller régional sortant du Modem et tête de liste de son parti dans les Pyrénées-Atlantiques.
Il prendra part au cortège dans les rangs des élus, a-t-il indiqué hier à Bayonne. L'élu centriste a donc choisi de ne pas rester entre deux chaises sur un dossier qui lui tient à coeur.
UMP et PS pour la LGV
Xavier Darcos, tête de liste UMP, pense que le projet est indispensable mais qu'on a « malheureusement perdu du temps à cause de l'impéritie d'Alain Rousset ». Selon lui, il n'y a pas d'exemple que « des projets de cete ampleur n'aient pas donné lieu à des indemnisations confortables ».
Il comprend que des élus locaux, comme Peyuco Duhart, le maire de Saint-Jean-de-Luz, « soit attentif à ce que ressent la population ».
Une chose étonne cependant le ministre du Travail : « Le PS et Europe écologie prétendent faire cause commune pour les prochaines élections et ils s'opposent sur ce projet capital. Il faudra qu'ils expliquent aux électeurs comment ils fusionneront leurs listes au second tour. »
Alain Rousset, partisan du projet, qui était hier dans les Pyrénées- Atlantiques, estime qu'il aurait fallu « davantage d'explications de l'État, de Réseau ferré de France et de la SNCF, sur ce que représente la LGV en termes de lutte contre l'effet de serre et contre l'asphyxie du Pays basque, alors qu'il en sera le principal bénéficiaire. »
Rapport de force
Il maintient sa demande de nomination d'un médiateur sur tout l'itinéraire des GPSO (Grands projets du Sud-Ouest) pour « humaniser, indemniser, compenser » les problèmes que va forcément créer le passage de la LGV.
Le préfet de la région Aquitaine a, pour le moment, confirmé seulement qu'il avait demandé cette nomination au Premier ministre pour le seul tracé sur la Côte basque, alors que le besoin se fait sentir aussi à la sortie sud de Bordeaux, autour de Captieux, insiste Alain Rousset. Monique De Marco, tête de liste Europe écologie en Aquitaine sera à Hendaye aujourd'hui, et elle n'élude pas la question de Xavier Darcos : « On ne se fera pas avoir, comme sur l'autoroute A 65 lors des élections de 2004, quand nous nous étions contentés d'acter notre désaccord. Les négociations de fusion des deux listes dépendront du rapport de force entre elles. »
En un mot, si Europe Écologie fait un bon score au premier tour de mars 2010, elle pourra réclamer plus facilement « l'abandon d'un projet coûteux pour la région (640 millions d'euros) », alors qu'elle demande au contraire « le renforcement du transport de fret et des dessertes régionales de voyageurs plus importantes ». Noël Mamère sera également à Hendaye avec Monique De Marco et Marie Bové.
Hier, ils étaient ensemble à Bègles pour manifester contre le trafic des poids lourds qui empruntent la rocade bordelaise : « Nous faisons un lien entre ces deux dossiers. Les projets de LGV des GPSO sont inutiles et coûteux, tout comme l'idée de porter à deux fois trois voies la rocade bordelaise. Il vaudrait mieux reconsidérer la politique de transport dans sa totalité en privilégiant pas exemple le cabotage maritime. » Sud Ouest du 230110