Monts, Veigné, Montbazon et Sorigny sont directement concernées par le passage de la LGV. Tout comme les frères Beauchesne, agriculteurs.
Impossible d'y échapper. Les engins de chantier ont pris possession du tracé de la future ligne à grande vitesse. Le prélèvement des terres concerne 1.500 ha dans les quatre communes traversées au sein de la communauté de communes du Val de l'Indre. Derrière Isoparc, la future base de vie des ouvriers prend forme sur 3 ha. Elle accueillera 300 personnes. Il faut y ajouter 4 ha supplémentaires pour stockage des matériaux.
Quand l'histoire se répète
Non loin de là, à la ferme de la Tardivière, les frères Beauchesne subissent le réaménagement des espaces, de leurs espaces. Associés en Gaec, Thierry, Bernard et André sont agriculteurs éleveurs : un cheptel de 130 vaches, 850 chèvres, 70 taurillons et 50 génisses. « On est locataires de nos terres. Sur les 326 ha que nous exploitons, on en a pris 36. Ils veulent faire un mur antibruit pour protéger la commune de Monts et élargir l'A 10 en la faisant. C'est 4 ha supplémentaires… », déplorent-ils.
Il y a quelques jours, ils ont « éjecté des géomètres qui s'étaient introduits » chez eux : « Ils n'ont rien à faire chez nous. Car rien n'est signé… ». Les frères Beauchesne n'ont à ce jour reçu aucune indemnité. Leurs estimations – de 4.000 à 14.000 euros l'hectare – sont restées lettres mortes.
Pot de terre contre pot de fer ? La partie s'annonce serrée sur la valeur des terres exploitées à Monts, Veigné, Sorigny, Saint-Épain et Mazières-de-Touraine. Et les conséquences se chiffrent en perte sèche, sur les 35 ha, « entre 7.500 et 8.000 euros. Pour l'épandage, il a fallu que nous retrouvions des terres… » indiquent les trois frères qui aimeraient bien que les politiques s'intéressent davantage à leurs problèmes.
Ironie du sort. Les parents de Bernard, André et Thierry qui exploitaient une ferme à la Couperie, avaient été expropriés en 1976 à hauteur de la barrière de péage de Sorigny. Avec la LGV, les bâtiments vont cette fois être rasés. Une page d'histoire familiale se tourne.
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A fond de train
La Ligne à grande vitesse Sud Europe sera mise en service dans cinq ans. Veigné, Montbazon, Monts et Sorigny connaîtront d'ici là bien des modifications de paysages : ici un viaduc, là une tranchée à 14 m de profondeur sous l'autoroute, une voie de raccordement depuis l'actuelle gare de Monts. Riverains et agriculteurs n'ont toujours pas tous trouvé d'accord sur leurs indemnisations auprès du concessionnaire Liséa/Codéa. Et c'est sur ce point que ça déraille.
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Les communes indemnisées
Chaque commune a touché un fonds d'indemnisation en fonction du nombre de kilomètres traversés sur les territoires respectifs et de la population. « Une méthode pas nécessairement équitable », juge le maire de Veigné, Patrick Michaud. Pour 4, 97 km de LGV, Veigné touche 450.076 euros. « Rien n'est décidé quant à leur utilisation… ». A Sorigny où Alain Esnault choisit de réhabiliter la traversée du bourg sur 1 km, la commune perçoit 795.011 € pour 9 km de LGV. A Monts, le conseil municipal devait, hier soir, valider les investissements liés au fonds de solidarité territoriale, d'un montant de 385.248 euros (4 km de LGV). A Montbazon, le maire Bernard Revêche précise que les 103.000 euros accordés financeront un espace socioculturel. Ouverture en juin 2013.
La Nouvelle République