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La LGV Tours - Bordeaux n'arrivera pas à l'heure

TGV_604-copie-1.jpgLe financement de la future ligne à grande vitesse n'est toujours pas bouclé. Le projet risque de prendre du retard. Au grand dam du gouvernement.

Si l'on s'en tient au calendrier initial, la LGV Sud Europe Atlantique mettra Bordeaux à deux heures de Paris au début de l'année 2016. Mais, désormais, il y a bien peu de chance que cet échéancier soit tenu.
Jeudi dernier, le secrétaire d'État aux transports - Thierry Mariani - a clairement laissé entendre que la LGV n'entrerait pas en service avant la fin de l'année 2016, soit huit à douze mois de retard. La faute aux collectivités territoriales qui traînent des pieds pour financer un projet d'intérêt national dont ils ne mesurent pas forcément les retombées locales.
Après s'être fait tirer l'oreille, la région Centre a trouvé un « arrangement » en obtenant en contrepartie de sa contribution (19 M€) le financement d'un passage à niveau à Chartres. Malicieuse, la région Poitou-Charentes de Ségolène Royal est prête à mettre au pot... sous forme d'un prêt remboursable. D'autres collectivités ont donné leur accord de principe mais n'ont toujours pas signé, dans l'attente d'engagement précis de l'État, sur les dessertes notamment. Et puis il y a ceux qui refusent obstinément de payer comme le conseil général d'Indre-et-Loire et l'agglomération de Tours. « Pas question de financer un équipement qui relève de l'État, surtout quand celui-ci réduit ses dotations aux collectivités », martèle en substance Claude Roiron qui craint que la LGV traverse la Touraine sans s'y arrêter. Sur ce dossier, Jean Germain semble sur la même longueur d'onde.

'' Chantage ''

Indéniablement, les élus tourangeaux font partie des fortes têtes sur ce dossier. La semaine passée, Thierry Mariani n'a pas caché son agacement vis-à-vis de ces réfractaires. Il a menacé : « Si les collectivités ne respectent pas leurs engagements, le projet pourrait être remis en cause. »
Jean-Michel Bodin, le vice-président communiste du conseil régional, voit dans cette mise en garde un « chantage inacceptable ». L'élu de Chambray n'a pas l'intention de se laisser intimider. Vendredi, il votera contre l'accord trouvé par la Région.

La Nouvelle République du 150311

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