Le projet de Technopole Agen-Garonne de 210 hectares sera réalisé en plusieurs phases, mais les réserves foncières n'attendront pas.
C'est un projet qui a deux mamans : la Communauté de communes du canton de Laplume en Bruilhois (CCLB) et la Communauté d'agglomération d'Agen (CAA). Une maternité bicéphale pour un « gros » bébé, en l'occurrence la création d'une Zone d'activités économiques de 213 hectares en rive gauche de Garonne et plus particulièrement à Sainte-Colombe-en Bruilhois, commune adhérente à la CCLB. Le projet est couché sur le papier et un certain nombre de démarches administratives et juridiques est en cours, offrant à l'embryon un terreau pour asseoir sa gestation.
1 Les raisons du choix de ce site, rive gauche
Le choix de la rive gauche pour un développement économique de l'Agenais mais aussi du département n'est pas un hasard. « Aujourd'hui, lorsqu'une entreprise souhaite s'implanter en Lot-et-Garonne et demande un terrain de 3 hectares à proximité de l'autoroute, en Agenais, nous n'avons rien à lui proposer du moins en rive droite. Nous ne voulions pas rester les bras croisés. L'idée de ce projet est d'anticiper l'avenir sur 20 ans en tablant sur un développement économique générateur d'emplois », souligne Henri Tandonnet, président de la CCLB.
Et c'est sur Sainte-Colombe-en-Bruilhois que le développement est envisageable. « La commune a demandé à ce que le projet soit concentré au Nord de l'A 62, entre le hameau de Goulard et l'autoroute, afin de protéger le bourg », poursuit le président. Un territoire qui allait être de toutes les façons impacté par la future ligne LGV Bordeaux-Toulouse qui le traverse. Sans compter qu'à cette contrainte, s'ajoutent la future gare LGV également en rive gauche à quelques centaines de mètres de la Technopole ainsi que la possibilité d'un nouvel échangeur autoroutier, à l'ouest, entre la zone et la gare LGV. Deux équipements jugés comme des atouts pour la ZAC.
2 Les caractéristiques de la future zone
Pour le moment, la zone est prévue sur 213 hectares. Sur ces 213 hectares, une vingtaine sera réservée pour l'emprise de la ligne LGV et une quarantaine pour l'aménagement des infrastructures inhérentes au bon fonctionnement de la Technopole à savoir : des routes internes, un espace public et des bassins de rétention. « Il restera 153 hectares accessibles selon un phasage qui reste à déterminer », poursuit Henri Tandonnet. « Sur les 153 hectares, on compte une trentaine d'habitations et des terres agricoles. Terres agricoles appartenant pour les unes à des agriculteurs retraités, ou en passe de l'être, mais également à des jeunes pour lesquels nous cherchons des terrains pas trop loin. Nous avons d'ailleurs signé une convention avec la Safer pour répondre à cette exigence. » Pour les habitations, la volonté des élus est de privilégier l'amiable avant d'entrer dans une déclaration d'utilité publique qui sous-entend alors la possibilité d'exproprier.
Quelle sera l'orientation économique de cette zone ? D'ores et déjà les élus sont d'accord sur un point, l'orientation ne sera pas la logistique. Un domaine qui demande beaucoup d'espace et nécessite peu d'emplois - et surtout des emplois peu qualifiés - et qui fait déjà l'objet d'une zone en plein développement à Montauban. « Nous ciblons l'économie verte et le prolongement de l'Agropole, soit de l'agroalimentaire. Nous ne spécialiserons que des parties de la zone, le reste restera très ouvert. »
3 Le phasage de développement
Sur le plan juridique, un syndicat mixte Agen-Garonne a été créé et doit être validé par arrêté préfectoral. Ce syndicat a été constitué par la CCLB et la CAA. « L'idée est de laisser la porte ouverte au Conseil général. Soit le Département nous rejoint, soit il nous soutient de l'extérieur comme tout autre zone d'activités économiques. D'ores et déjà, la Technopole est inscrite au Schéma départemental de développement économique », souligne Henri Tandonnet.
Parallèlement, les deux communautés ont créé un établissement public foncier local visant à faciliter l'acquisition immobilière et foncière, tant pour elles-mêmes que pour les communes qui la composent et ce, au-delà du projet de la ZAC.
Voilà pour les outils juridiques. Reste le phasage du projet. Il n'est pas question de tabler sur 150 hectares de zone économique d'un coup. L'idée est de commencer par une quarantaine d'hectares et de vendre les premiers terrains aux entreprises intéressées d'ici cinq ans. « Les équipements seront réalisés au fur et à mesure des demandes d'installation. Nous voulons avec ce projet anticiper. L'envergure de la Technopole peut paraître importante mais ramenée à une projection sur vingt ans, c'est peu. »
Le Sud Ouest