LGV, aéroport, future route Pau-Oloron… Les gros dossiers d'infrastructures qui fâchent ont été abordés, hier soir.
La question des infrastructures de transports qui manquent au Béarn pour sortir de son enclavement et générer du développement économique a largement occupé les débats, hier soir, à Pau, en réunion publique de conseil communautaire. À commencer par l'épineux dossier de la future ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV).
Martine Lignières-Cassou, la présidente, a en effet annoncé qu'elle ne se rendrait pas à la réunion du 8 avril, à Bordeaux, à laquelle le préfet de Région convie les collectivités aquitaines concernées de près ou de loin par les tronçons Bordeaux-Espagne, Bordeaux-Toulouse et Poitiers-Limoges.
La communauté d'agglo Pau-Pyrénées a accepté de verser 21 millions d'euros pour le tronçon situé en amont, Tours-Bordeaux. Mais pour le reste : « Je l'ai toujours dit, nous ne participerons pas au financement des grands projets du Sud-Ouest (GPSO) tant que nous n'aurons pas de garanties sur la desserte du Béarn et de la Bigorre. » Des garanties prévoyant d'inclure le financement de la desserte dans les GPSO.
La Pau-Oloron de retour
L'élue explique que la réunion du 8 avril vise à signer la convention pour le tronçon Tours-Bordeaux, mais également des protocoles pour les trois autres tronçons. Des protocoles qui ne mentionnent pas la desserte béarno-bigourdane. La députée-maire de Pau qui veut une table ronde avec les collectivités locales voisines n'ira pas, et ne signera donc ni la convention (21 millions) ni les protocoles. Une attitude qu'a pour partie critiquée Olivier Dartigolles. Le délégué communiste palois s'interroge : « Ne vaut-il mieux pas y assister et faire valoir nos arguments ? »
Un élu présent, de la même façon, avec son collègue Michel Aguer de Lescar, sur le projet d'une future nouvelle liaison routière entre Pau et Oloron placé aux cœurs des très récentes élections cantonales ; Faut-il faire ou non cette route conçue pour désenclaver Oloron ? Pour Olivier Dartigolles, un moratoire s'impose. Mais pour Christian Laine, maire PS de Lescar, « les électeurs ont tranché » avec les cantonales en mettant en tête les candidats socialistes, favorables à la route, au premier tour. Son voisin socialiste de Billère, Jean-Yves Lalanne se montre moins certain du message des urnes… Et voudrait « sortir par le haut d'un débat très clivant » en commençant par une étude globale sur les déplacements. Et Olivier Dartigolles de regretter, alors, que l'évolution du PS vers un moratoire, que le Front de gauche avait cru percevoir dans l'entre-deux tours des cantonales, soit désormais moins palpable. « La détermination s'est émoussée. »
200 000 € pour les low-cost
« Faites confiance aux élus et à l'exécutif de cette assemblée » le rassure alors Martine Lignières-Cassou. Celle-ci a d'ailleurs profité de l'occasion pour annoncer une « très bonne nouvelle » : la réouverture de la voie ferrée Oloron-Canfranc figure désormais au Schéma national des infrastructures de transport. Ce qui n'était toujours pas le cas le mois dernier. Une éclaircie dans un ciel nuageux.
Les délégués ont en effet voté une délibération qui descend de 250 000 € à 200 000 € cette année le montant de sa participation à la régie low-cost de l'aéroport pour attirer de nouvelles compagnies. Tout en dénonçant la décision de la CCI (gestionnaire) de ne pas poursuivre son contrat avec Ryanair - ce qui met Air France en situation de quasi-monopole. Et d'autre part le diktat financier passé de Ryanair… Le dernier vol assuré par la compagnie irlandaise a eu lieu dimanche. Le premier de CityJet sur Londres est pour demain. Mais le débat n'est pas clos.
Le Sud Ouest du 010411