Mitterrand et l’extrême droite : rappel utile de l’Histoire
Ce n'est plus une campagne électorale mais un lynchage en règle odieux du chef de l'État...
Alors que François Hollande esquive autant qu’il peut les occasions de parler du fond et de la France en refusant les débats supplémentaires que lui propose Nicolas Sarkozy, chaque jour le déferlement de haine de la gauche politique et médiatique enfle davantage.
Comparé à Pétain, Hitler et tant d’autres dictateurs sanguinaires, y compris par certains « grands » médias (l’Humanité et Libération, mais aussi Le Monde notamment!), il semble qu’il n’y ait plus de limite à l’injure et à la calomnie de la part des donneurs de leçons, alors qu'au contraire peut-être serait-il bon pour eux d’en recevoir une de l’Histoire.
La gauche, son candidat de réserve en tête, agite en effet comme le symbole des symboles François Mitterrand, le modèle, l’exemple, auquel il a dit encore aujourd'hui son objectif de lui succéder. Au point que François Hollande en vienne à imiter, souvent maladroitement, le phrasé et les mimiques de son « Tonton ».
Pourtant, les relations entre François Mitterrand et l'extrême droite sont plus que troublantes. Elles ont d’ailleurs été le thème d'un certain nombre d'ouvrages de la fin des années 1990.
Le livre de Pierre Péan Une Jeunesse française, paru en 1994, exposait la jeunesse de François Mitterrand durant les années 1930 et les années 1940 ; avant lui, Franz-Olivier Giesbert dans son livre François Mitterrand ou la tentation de l'histoire (1977) avait décrit, entre autres, la jeunesse de Mitterrand et son parcours à l'époque de Vichy.
D'autres ouvrages ont concerné des périodes plus récentes, rappelant la stratégie politique qui lui avait ouvert les portes de l’Elysée, en favorisant la montée du Front national dans les années 1980.
Premiers pas à l’extrême droite
Dès 1934, François Mitterrant adhère aux Volontaires nationaux, organisation de jeunesse des Croix-de-feu. Il s’agissait en l’espèce d’une ligue d'anciens combattants nationalistes français, dirigée par le colonel François de La Rocque, et considérée par ses opposants et des historiens anglo-saxons comme une expression d'un fascisme hexagonal.
Le 1er février 1935, François Mitterrand participe à la manifestation de l'Action française contre les médecins étrangers autorisés à exercer en France, aux cris de « La France aux Français », participation attestée par deux photographies, publiées dans Les Camelots du Roi de Maurice Pujo.
A la même période, Eugène Deloncle fonde une organisation secrète d'extrême droite, l’Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale, surnommée « La Cagoule » par Maurice Pujo. Si les accusations d'appartenance à La Cagoule concernant François Mitterrand n'ont jamais été prouvées, ses liens personnels avec des cagoulards ne font aucun doute.
François Mitterrand sous le régime de Vichy
Pétainiste, François Mitterrand entre dans l'administration de l'État français à Vichy. D'abord rédacteur à la Légion française des combattants, il est nommé en mai 1942 chef du service de l'Information du Commissariat aux prisonniers de guerre (mai 1942). La lecture du livre de Pierre Péan, il ne fait aucun doute que François Mitterrand a été maréchaliste et plein de confiance et d'admiration pour l'homme Pétain.
Au titre de sa participation à l’administration de Vichy, il reçoit même l'Ordre de la Francisque en mars-avril 1943. Pour ce faire, il est parrainé par deux membres de La Cagoule (Gabriel Jeantet, membre du cabinet du maréchal Pétain, et Simon Arbelloti), et prête le serment suivant : « Je fais don de ma personne au Maréchal Pétain comme il a fait don de la sienne à la France. Je m'engage à servir ses disciplines et à rester fidèle à sa personne et à son œuvre. » ,. Cette décoration lui sera reprochée par ses adversaires tout au long sa carrière politique, depuis les communistes (dès 1948) jusqu'aux gaullistes (dès 1954) et la SFIO (dès 1958).
Des liens d’amitiés controversés
Outre son parcours pour le moins tortueux, François Mitterrand a entretenu des liens d’amitiés très controversés, en particulier avec René Bousquet, ancien secrétaire général de la police du régime de Vichy, responsable notamment de la rafle du Vel' d'Hiv.
Celui-là même, par parenthèse, qui après la mort en 1959 de son ami Jean Baylet, siégea au conseil d'administration de La Dépêche du Midi, dont il anima un temps la direction aux côtés de la veuve de celui-ci, et fit ainsi campagne en faveur de François Mitterrand en 1965, avec une ligne éditoriale anti-gaulliste. On note à cette époque l’organisation claire d’un fort courant anti-gaulliste en Tarn-et-Garonne (et globalement en Midi-Pyrénées).
Parenthèse fermée, il convient tout de même de rappeler que Lionel Jospin lui-même, déclarera à propos du modèle de François Hollande et des ténors socialistes: « On voudrait rêver d’un itinéraire plus simple et plus clair pour celui qui fut le leader de la gauche française des années 1970 et 1980. Ce que je ne peux comprendre, c’est le maintien, jusque dans les années 1980, des liens avec des personnages comme Bousquet, l’organisateur des grandes rafles des Juifs ».
A l’inverse, il n’est rien dans le passé ou le présent de Nicolas Sarkozy qui puisse faire douter de son profond humanisme, et de son engagement absolu au service de la France et de la République. Dimanche à Toulouse, il a redit avec la plus grande clarté à ceux qui ne comprennent ou ne veulent pas comprendre :
« Je veux dire une chose, je déteste le racisme. Je hais l’homophobie. Je déteste quand quelqu’un désigne l’autre à la vindicte (…) mais je demande qu’on ne fasse pas cet amalgame, cette violence, ce racisme à l’endroit de ceux qui aiment la France et qui veulent garder la France telle qu’ils l’ont reçue de leurs parents. Et (…) cette gauche insupportable donnant des leçons de morale »
« La haine de soi débouche toujours sur la haine de l’autre. Quand on n’aime pas son pays, on ne peut pas tendre la main aux autres. Ils ont oublié, les mêmes, que le patriotisme, c’est l’amour de la patrie, que le nationalisme, c’est la haine de l’autre. »
Il serait tellement meilleur pour la France que les donneurs de leçons haineux balaient devant leur porte et se concentrent sur l’avenir de notre Nation, plutôt que de s’enfoncer chaque jour un peu plus loin dans le lynchage gratuit d’un homme qui a pourtant démontré son engagement total au service de son pays.
Brigitte Barèges