On recrute pour la LGV dont les travaux débuteront en 2012. Mais Jean-Bernard Delavault dont la ferme se trouve sur le tracé, n'est pas encore indemnisé.
O n est spoliés. Je vais finir plus pauvre que lorsque j'ai débuté, soupire Jean-Bernard Delavault. Agriculteur-éleveur à la Brousse, ferme isolée dans la commune de Chaunay, il risque de perdre beaucoup, tant sur le plan économique que sentimental avec la construction de la LGV Sud-Europe-Atlantique.
Des terres rachetées 30 à 40 % de moins que le prix du marché
La maison où il est né et où il entendait bien passer ses vieux jours se trouve sur son tracé. Jean-Bernard Delavault a reçu la visite des Domaines qui ont estimé sa propriété il y a trois ans. La valeur de la maison avait alors été fixée à 213.000 €. « Je me suis basé sur cette offre pour en racheter une autre. On m'avait dit que je serai exproprié dans l'année », signale l'agriculteur qui occupe toujours ce logement et n'a toujours pas été indemnisé. Mais dans le courrier officiel qu'il a reçu récemment, il n'est plus question que de 150.000 €. « Depuis trois ans, je supporte les frais de deux maisons et je ne peux pas louer, ne sachant toujours pas quand je dois partir. »
L'agriculteur perd aussi son outil de travail : la grange, la bergerie... « L'estimation est truffée d'erreurs », ajoute-il. Ce qui est considéré comme un poulailler sera vendu 50€ le m² alors que le bâtiment est bétonné et que dans ce cas son prix de vente devrait être de 200€. Le cellier, lui, n'a pas du tout été pris en considération.
Ne sachant pas où elles pourraient mettre bas la saison prochaine, l'éleveur a dû récemment se séparer de ses 150 brebis. « Un tiers de ma marge brute disparaît donc. Je ne cherche pas à gagner de l'argent, je demande juste à être dédommagé. »
La ligne coupera également ses terres en deux. Son exploitation devrait être amputée de 6 ou 7 hectares. « On est très mécontents, ne cache pas Jean-Bernard Delavault. Le prix des terres que l'on nous offre en indemnisation est de 30 à 40 % inférieur à celui du marché. Ici, ce serait 4.300 € l'hectare alors qu'il vaut entre 5.000 et 5.500 €. C'est du vol couvert par l'administration. »
le chiffre
302
C'est, en kilomètres, la longueur de la Ligne à grande vitesse qui reliera Tours à Bordeaux.
La construction de 40 kilomètres de ligne nouvelle est également prévue.
Ces voies permettront le raccordement des gares de Châtellerault, Poitiers, Angoulême et Bordeaux.
la phrase
« Beaucoup de personnes considèrent les métiers du bâtiment et des travaux publics comme exclusivement réservés aux hommes ; pourtant ils sont accessibles aux femmes et il n'y a pas besoin d'une grande force physique pour conduire un engin, par exemple. D'ailleurs beaucoup de femmes s'avèrent intéressées.»
Pascale Malé, chef de projet LGV de Pôle Emploi Poitou-Charentes, lance l'appel aux femmes ! La chef de projet souhaite placer la mixité du travail sur de bons rails et en finir avec les a priori au cours de la vingtaine de réunions d'information sur le futur chantier qui sont programmées au cours du mois de septembre.
Toujours plus vite
La Ligne à grande vitesse devrait être mise en service en 2017, après 6 ans de travaux.
Elle permettra d'accomplir le trajet Bordeaux - Paris en 2 h 05 mn, soit un gain de temps d'environ une heure sur le trajet.
C'est la première construction clé en main d'une ligne à grande vitesse dans le cadre d'un Partenariat public privé (PPP).
Réseau ferré de France (RFF) a signé avec Vinci, dans le cadre du groupement Lisea, un contrat de concessions d'une durée de 50 ans portant sur le financement, la conception, la construction, l'exploitation et la maintenance de la LGV.